« Une ascension en plein désert, où la lumière hypnotise mais où chaque néon rappelle que la réussite est une dette qu’on finit toujours par payer. »
Gloire & Dollars n’a rien d’un morceau de célébration. C’est une scission. Une ligne qui se fend entre ce que Mitch a été et ce qu’il est en train de devenir. On le sent dès les premières secondes : une tension maîtrisée, une détermination qui ne cherche plus à plaire, une lucidité qui a perdu ses illusions mais pas son courage. Ce n’est pas un hymne à la réussite ; c’est un rapport d’autopsie dressé par quelqu’un qui a appris que chaque victoire a son revers et que l’ascension peut ressembler à une charge, une pression, une mise à nu.
Depuis ses premiers titres, Mitch écrit comme on respire, avec précision et sans décor superflu. Mais dans Gloire & Dollars, quelque chose a glissé. Une densité nouvelle, une façon de poser qui semble taillée au scalpel, presque clinique, comme s’il observait sa propre trajectoire depuis l’extérieur. On sent un homme qui a connu les étiquettes, les attentes, les catalogages, et qui décide désormais de se tenir en dehors de ces cadres. Pas par posture, mais par nécessité.
Ce morceau semble naître d’un constat intime : la gloire est un terrain instable, et l’argent un miroir déformant où l’on finit par se perdre si l’on ne garde pas l’œil fixé sur ce qui compte réellement. Pourtant, au lieu de se cacher derrière un discours moralisateur ou fataliste, Mitch opte pour une écriture qui avance en équilibre, quelque part entre lucidité crue et désir de s’en sortir.
Ce qui frappe surtout, c’est sa capacité à transformer la gravité en mouvement. Gloire & Dollars n’est pas un cri, pas une plainte, pas un règlement de comptes. C’est un souffle. Un souffle qui dit : je vois ce que le monde attend de moi, je vois ce que le monde coûte, mais je refuse de me laisser avaler. Une forme d’insoumission calme, presque philosophique, traversée par cette énergie propre aux artistes qui savent que tout peut basculer d’un instant à l’autre.
Mitch ne se contente pas d’évoluer. Il s’étire, il se défait, il se redéfinit. Et dans cette transformation, quelque chose de rare apparaît : un artiste qui ne cherche pas à devenir plus grand, mais plus vrai. Gloire & Dollars n’annonce pas une nouvelle ère parce que le son change, mais parce que l’homme derrière le son a changé.
Et cette vérité-là, on ne peut pas la fabriquer. On la traverse. On la paie. On la porte.
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