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The Slices nous fait groover sur « Gargamel’s Blue Cheese »

The Slices nous fait groover sur « Gargamel’s Blue Cheese »
  • Publisheddécembre 17, 2025

“Un groove instrumental qui transforme la virtuosité en terrain de jeu et le sérieux en fête contagieuse.”

Il y a des morceaux qui s’écoutent. D’autres qui s’attrapent au vol, comme une blague trop bien rythmée pour être ignorée. Gargamel’s Blue Cheese appartient clairement à la seconde catégorie. Dès les premières secondes, le titre se glisse dans le corps avant même de passer par le cerveau. Pas besoin de paroles, pas besoin de démonstration : tout est déjà là, dans cette façon qu’a le groove de s’installer sans demander la permission.

On sent immédiatement une écriture pensée comme un mouvement, presque comme une chorégraphie invisible. La basse avance avec assurance, ronde mais nerveuse, pendant que la batterie découpe l’espace avec une précision joyeuse. Rien n’est figé. Tout respire, rebondit, s’amuse. Le funk ici n’est pas un exercice nostalgique ni un hommage poussiéreux. Il est vivant, contemporain, traversé par des éclats disco, des clins d’œil jazz fusion et une énergie presque hip-hop dans sa manière d’insister sur le beat.

Ce qui frappe, c’est l’équilibre rare entre maîtrise et relâchement. On sent des musiciens capables d’aller très loin techniquement, mais qui choisissent sciemment de ne jamais écraser l’auditeur sous leur virtuosité. Gargamel’s Blue Cheese préfère le sourire au muscle, le clin d’œil à la démonstration. Chaque synthé semble arriver pile au bon moment, comme une couleur qu’on ajoute sans jamais saturer la toile. Le morceau avance par couches successives, se densifie, puis s’ouvre à nouveau, laissant l’air circuler.

Impossible de ne pas percevoir l’ombre bienveillante de Yossi Fine derrière cette architecture sonore. On retrouve ce goût pour les grooves profonds mais joueurs, cette manière de rendre la précision presque organique. Une approche héritée d’un parcours aux côtés de figures comme David Bowie, Madonna ou Lou Reed, mais digérée, transformée, jamais citée frontalement. Ici, l’influence ne pèse pas, elle libère.

Le morceau se vit comme une scène de fin dans un film sans images : tout s’accélère légèrement, les motifs se répondent, l’énergie monte sans jamais devenir agressive. On imagine très bien ce titre au cœur d’un set pensé comme un flux continu, capable de transformer n’importe quelle salle en piste de danse improvisée. C’est un funk de musiciens, oui, mais surtout un funk de partage, fait pour circuler, pour rassembler, pour provoquer ce sourire réflexe quand le groove devient trop bon pour rester immobile.

Gargamel’s Blue Cheese réussit là où beaucoup échouent : rendre l’instrumental immédiatement narratif. Chaque instrument raconte quelque chose, chaque silence compte, chaque reprise de motif agit comme un rappel complice. Ce n’est pas un morceau qui cherche à impressionner. C’est un morceau qui invite. Et une fois entré, difficile d’en ressortir sans avoir bougé, ne serait-ce qu’un peu.

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Written By
Extravafrench

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