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La Parade balance « Piñata » et fait exploser l’adolescence en plein cœur de la pop française

La Parade balance « Piñata » et fait exploser l’adolescence en plein cœur de la pop française
  • Publisheddécembre 18, 2025

« Une chanson qui ne se souvient pas de l’adolescence : elle la traverse encore, les mains tremblantes et le sourire trop grand. »

Il faut imaginer Piñata comme un instant suspendu, un battement de cœur juste avant l’impact. La Parade ne raconte pas le premier amour, il le rejoue à hauteur de peau. Pas celui qu’on mythifie des années plus tard, mais celui qui arrive trop tôt, quand on n’a pas encore appris à se protéger, quand on veut faire croire au monde qu’on maîtrise tout alors que l’émotion déborde de partout. Ce morceau-là avance sans armure, et c’est précisément ce qui le rend si désarmant.

Dès les premières secondes, la production installe un climat feutré, presque cotonneux, mais jamais inoffensif. Les textures électroniques sont profondes, enveloppantes, comme si le son cherchait à recréer cette bulle intérieure où tout devient plus intense. La Parade joue avec le minimalisme sans tomber dans l’ascèse. Chaque élément semble pesé émotionnellement, pas techniquement. Rien n’est là pour briller, tout est là pour ressentir. On pense à cette manière contemporaine de laisser respirer la pop, quelque part dans le sillage de Billie Eilish, mais avec une chaleur et une frontalité très françaises, qui rappellent aussi Fishbach dans sa façon de faire cohabiter fragilité et aplomb.

Ce qui frappe surtout, c’est la justesse du regard. Piñata capte ce moment étrange où l’on se sent déjà trop grand pour son âge, mais encore trop petit pour ses émotions. La chanson ne juge jamais cet entre-deux. Elle l’embrasse. Elle en fait même sa matière première. Musicalement, cela se traduit par une tension permanente entre douceur et élan, comme si le morceau hésitait volontairement entre rester dans la retenue ou tout lâcher d’un coup. Cette hésitation devient son moteur narratif.

Pensé à l’origine pour le film La Grande Envie, Piñata dépasse largement le cadre de l’image. Il en garde toutefois une écriture très visuelle. On y devine des chambres trop petites, des nuits trop longues, des silences chargés de sens. La Parade transforme le décor adolescent en terrain émotionnel universel. Ce n’est plus une histoire générationnelle, c’est une sensation partagée.

Dans cette manière d’écrire la pop comme un espace émotionnel mouvant, La Parade s’inscrit dans une lignée où l’intime n’est jamais décoratif. On y retrouve quelque chose de l’héritage de Alain Bashung ou de Jacques Higelin : cette façon de laisser l’émotion circuler librement, sans la verrouiller dans un discours explicatif. Ici, rien n’est surligné. Tout est suggéré, vécu, traversé.

Piñata agit comme un remède doux-amer. Une chanson qui ne promet pas que ça ira mieux, mais qui rappelle que ressentir aussi fort, même maladroitement, reste une expérience fondatrice. La Parade signe une pop sensible, incarnée, qui accepte enfin que la vulnérabilité soit une force esthétique. Et dans le paysage actuel de la pop française, c’est peut-être ce geste-là, humble et audacieux à la fois, qui fait le plus de bruit.

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Written By
Extravafrench

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