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The Sand livre « Septiembre » : le rock latino qui transforme la mélancolie en saison éternelle

The Sand livre « Septiembre » : le rock latino qui transforme la mélancolie en saison éternelle
  • Publisheddécembre 18, 2025

“Une chanson qui sent la poussière chaude, les fins d’été trop longues et les sentiments qu’on n’a jamais vraiment quittés.”

Septiembre ne s’écoute pas, il se traverse. Dès les premières mesures, The Sand installe un climat qui colle à la peau, une chaleur un peu lourde, presque nostalgique, comme ces fins de journée où le soleil refuse de tomber mais où l’on sait déjà que quelque chose s’achève. Le morceau avance avec cette lente assurance propre aux groupes qui n’ont plus besoin de prouver leur intensité : elle est là, contenue, prête à fissurer à tout moment.

La guitare ouvre l’espace avec une retenue presque élégante, jamais démonstrative. Elle ne cherche pas le riff qui écrase, mais la ligne qui obsède, celle qui revient en boucle dans la tête comme un souvenir imprécis. La section rythmique, solide sans être rigide, maintient ce balancement constant entre tension et abandon. On sent l’héritage du rock alternatif, mais aussi quelque chose de plus charnel, de plus sudiste, une manière latine d’aborder la mélancolie sans la figer dans la plainte.

Et puis il y a la langue. L’espagnol ici n’est pas un simple choix esthétique, il est une matière sonore à part entière. Chaque syllabe semble porter son propre poids émotionnel, chaque inflexion de voix dessine une géographie intime. Même sans en saisir toutes les nuances, on comprend l’essentiel : Septiembre parle du temps qui glisse, des choses qu’on croyait stables et qui se déplacent doucement sous nos pieds. Le chant oscille entre fragilité et détermination, comme si l’interprète hésitait sans cesse entre regarder en arrière ou continuer d’avancer.

Ce qui frappe, c’est la capacité du morceau à rester suspendu. The Sand évite soigneusement le piège du crescendo trop attendu. La montée est là, mais elle se fait par accumulation de textures, par épaississement progressif de l’atmosphère. Les guitares deviennent plus rugueuses, presque abrasives par moments, sans jamais perdre cette mélodie sous-jacente qui sert de fil conducteur. On n’est pas dans l’explosion, mais dans l’érosion lente, celle qui façonne les paysages les plus durables.

Septiembre possède cette qualité rare de pouvoir accompagner plusieurs états. On peut l’écouter seul, tard le soir, casque vissé sur les oreilles, ou le laisser résonner en fond sonore d’un trajet sans destination précise. Il y a dans ce titre une forme de maturité émotionnelle, une acceptation du manque, de l’entre-deux, qui le rend profondément humain.

Avec ce morceau, The Sand confirme une identité claire : un rock mélancolique mais jamais figé, nourri de guitares franches et d’émotions contenues, où la tristesse n’est pas une fin mais un passage. Septiembre devient alors plus qu’un titre : une saison intérieure, celle où l’on apprend à vivre avec ce qui s’efface sans chercher à le retenir.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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