Disco Boi Beirut transforme la piste de danse en lieu de passage intime, là où les souvenirs migrent plus vite que les corps.
À peine lancée, la pulsation impose son décor : une chaleur moite, des néons imaginaires, et ce sentiment précis d’être à la fois ici et ailleurs. Avec Disco Boi Beirut, John Lebanon ne signe pas simplement un single, il ouvre une brèche temporelle. Le morceau avance comme un souvenir qui aurait décidé d’accélérer son propre battement de cœur, plus rapide, plus frontal que sa première incarnation, mais aussi infiniment plus incarné.
On entend New York dans l’élan rythmique, dans cette manière très organique de faire groover les machines sans jamais les laisser dominer l’humain. Mais très vite, autre chose affleure. Une douceur orientale, presque pudique, s’infiltre dans les lignes mélodiques. Beirut n’est pas un décor exotique plaqué, c’est un point d’ancrage émotionnel. La langue arabe surgit comme un frisson, une voix lointaine qui répète, appelle, séduit sans traduire. Le morceau joue précisément là-dessus : ne pas tout comprendre, mais tout ressentir.
La force de Disco Boi Beirut réside dans cette élégance narrative. Rien n’est surligné. Le groove est souple, presque nonchalant, mais il cache une mélancolie diffuse, celle des villes quittées, des visages qu’on revoit en accéléré. La basse avance avec assurance, la rythmique invite à bouger sans jamais forcer, tandis que les arrangements laissent respirer l’espace, comme si chaque silence avait autant de valeur que le beat.
La voix d’Isabelle Malhame apporte une sensualité feutrée, jamais démonstrative. Elle ne cherche pas à dominer le morceau, elle s’y glisse, l’habite par touches, comme une présence familière qu’on reconnaît sans la voir. Le mix, ciselé avec Matthew Hatch, respecte cette intention : tout est en mouvement, mais rien n’est écrasé. Le morceau respire, danse, se souvient.
Disco Boi Beirut est un titre qui refuse la nostalgie figée. Il préfère la transformer en énergie, en chaleur collective. On y entend un artiste qui ne cherche plus à choisir entre ses territoires, mais à les faire dialoguer. Le passé n’est pas un poids, c’est un moteur. Et sur cette piste-là, John Lebanon réussit quelque chose de rare : faire de l’identité une fête lucide, élégante, profondément vivante.
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