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Music Pop

Noam Peri débarque sur « Poison »

Noam Peri débarque sur « Poison »
  • Publisheddécembre 19, 2025

Avec Poison, Noam Peri met en musique ce moment précis où l’amour cesse d’être un refuge pour devenir une substance lente, insidieuse, qu’il faut apprendre à expulser de soi.

Dès les premières secondes, quelque chose s’installe qui relève moins de la séduction que de l’aveu. Poison avance à découvert, sans maquillage inutile, porté par une tension émotionnelle qui se glisse dans chaque interstice de la production. Les guitares électriques ne cherchent pas l’héroïsme, elles dessinent des lignes fragiles, parfois coupantes, tandis que les claviers occupent l’espace comme une pensée qui revient sans cesse, obsédante. Il y a du mouvement, mais aussi de l’errance. Une musique qui marche, hésite, recule, puis repart.

Ce qui frappe, c’est la manière dont Noam Peri traite la narration. Ici, la rupture n’est pas racontée comme un événement spectaculaire, mais comme un état prolongé. La solitude n’arrive pas après la fin : elle est déjà là, tapie dans la relation elle-même. Les synthétiseurs superposés donnent cette impression d’enfermement intérieur, presque cinématographique, comme si l’on traversait une ville nocturne sans jamais trouver la bonne sortie. Entre Los Angeles et Tel Aviv, Poison semble porter en elle une géographie émotionnelle éclatée, faite de distances, de déracinements, de silences.

La structure du morceau épouse ce chaos intime. Les couplets se replient sur eux-mêmes, fragiles, presque murmurés, avant que les refrains n’explosent sans pour autant offrir de réelle résolution. Ce ne sont pas des cris de victoire, mais des lâchers-prise. La production, volontairement mouvante, passe d’une intimité quasi nue à des moments plus denses, où tout semble prêt à déborder. Cette instabilité devient le cœur même du morceau : aimer ce qui fait mal, savoir qu’il faut partir, mais rester encore un instant.

Il y a aussi quelque chose de profondément honnête dans la manière dont Poison assume la tristesse. Pas de posture salvatrice, pas de message prémâché sur la guérison rapide. La chanson accepte le chagrin comme une étape nécessaire, presque légitime. Noam Peri ne cherche pas à rendre la douleur jolie, elle la rend réelle. Et c’est précisément là que le morceau touche juste.

Poison s’inscrit dans cette indie pop-rock contemporaine qui préfère la faille à la démonstration, l’émotion brute au slogan. Un titre qui ne promet pas de solution, mais offre un espace où déposer ce qui fait encore mal. Une musique pour celles et ceux qui comprennent que quitter n’est pas toujours synonyme de soulagement immédiat, mais parfois simplement le début d’un lent retour à soi.

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Written By
Extravafrench

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