x
Music Pop

Powers of the Monk hypnotisent les consciences avec “Sleepy Fields”

Powers of the Monk hypnotisent les consciences avec “Sleepy Fields”
  • Publisheddécembre 20, 2025

Dans “Sleepy Fields”, Powers of the Monk n’invitent pas à dormir : ils proposent de lâcher prise, doucement, comme on poserait un sac trop lourd au bord d’un champ qui ondule.

Il y a des morceaux qui ne cherchent pas à impressionner, ni à convaincre. “Sleepy Fields” fait partie de ceux qui s’installent sans frapper, qui prennent la main sans la serrer. Le projet Powers of the Monk, reformé dans le Michigan au tournant de la décennie, avance ici à pas feutrés, dans un clair-obscur où le rêve n’est jamais très loin de la réalité.

Dès les premières secondes, tout semble respirer plus lentement. Les guitares se font brumeuses, presque translucides, comme si elles avaient été trempées dans l’air du matin. La voix de David S. Monk flotte, fragile mais rassurante, pendant que celle de CasSondra “Pontiac” Powers vient l’entourer, la doubler, la rassurer. Rien n’est frontal. Tout est suggestion. “Sleepy Fields” ne raconte pas une histoire au sens classique : il installe un état.

La force du morceau tient dans cette impression constante de frontière floue. On ne sait plus très bien si l’on est en train de s’endormir ou de se réveiller. Le violon, utilisé sans emphase, agit comme un fil invisible entre folk acoustique et dream pop vaporeuse. Chaque note semble pensée pour ne jamais briser l’équilibre, pour maintenir ce sentiment de suspension où le temps se dilate.

Ce qui frappe surtout, c’est l’absence totale de cynisme. Là où beaucoup de productions actuelles surjouent la mélancolie, Powers of the Monk choisissent la douceur comme geste presque politique. “Sleepy Fields” ne fuit pas le monde, il propose une pause consciente, une respiration collective. On y sent l’expérience, le refus de l’urgence, l’envie de créer un espace sûr dans lequel l’auditeur peut se déposer sans crainte.

La production, discrète mais précise, renforce cette impression de sérénité maîtrisée. Chaque instrument semble connaître exactement sa place, sans jamais chercher à voler la lumière. Même le rythme, à peine suggéré, ressemble plus à un battement de cœur qu’à une structure imposée.

Avec “Sleepy Fields”, Powers of the Monk rappellent que la musique peut encore être un refuge sans devenir une fuite. Un champ tranquille, oui, mais traversé les yeux ouverts.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture