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SHASAU dévoile « Alicante » ou le pixel qui saigne et la nostalgie qui mord encore

SHASAU dévoile « Alicante » ou le pixel qui saigne et la nostalgie qui mord encore
  • Publisheddécembre 20, 2025

Alicante de SHASAU ressemble à ces souvenirs qui reviennent sans prévenir, quand on croyait pourtant les avoir rangés quelque part entre deux sauvegardes corrompues. Un clip en pixel-art, oui, mais surtout une micro-fable émotionnelle qui parle moins de technologie que de ce qu’on projette dedans, de ce qu’on espère y retrouver, et de ce qu’on y perd parfois sans bruit.

Dans ce nouveau chapitre visuel tiré de l’EP Alicante, SHASAU transforme l’esthétique rétro en terrain affectif. Le décor évoque les vieux jeux 8-bit, les écrans cathodiques et les mondes simplifiés à l’extrême, mais sous cette apparente naïveté se cache un récit bien plus trouble. Le pixel n’est pas là pour rassurer, il est là pour rappeler. Rappeler l’enfance, la solitude, les compagnons imaginaires, et cette sensation étrange que le passé était peut-être plus doux parce qu’on ne comprenait pas encore tout.

Le clip d’« Alicante » avance comme une promenade bancale entre humour discret et mélancolie persistante. Chaque plan semble hésiter entre le sourire et le pincement au cœur. On regarde, on reconnaît des codes familiers, puis quelque chose déraille légèrement. Ce décalage est précisément là que le projet frappe juste. SHASAU ne se contente pas de citer le rétro comme un gimmick esthétique : il s’en sert comme d’un miroir émotionnel, un écran sur lequel chacun projette ses propres manques.

Musicalement, la composition soutient cette ambiguïté permanente. Les textures électroniques sont douces, presque réconfortantes, mais jamais totalement stables. On a l’impression que la musique pourrait s’effondrer à tout moment, comme un souvenir trop longtemps manipulé. La production, signée avec le soutien d’Udio AI et finalisée par Bill Sellar, ne cherche pas la démonstration technique. Elle privilégie l’atmosphère, le flottement, cette sensation de temps suspendu qui colle parfaitement à l’imaginaire visuel.

Il y a aussi, dans « Alicante », une réflexion en filigrane sur l’acte créatif lui-même. Derrière chaque outil, chaque algorithme, chaque pixel, il y a un regard humain. Et ce regard n’est jamais neutre. Le clip suggère que l’œuvre ne vit réellement qu’au moment où quelqu’un la regarde, y reconnaît quelque chose, ou s’y perd volontairement. Ce n’est pas un message frontal, plutôt une évidence qui s’installe doucement.

Publié sous l’égide de OMNINORM Records, ce projet confirme la singularité de SHASAU dans un paysage électronique souvent obsédé par la performance ou la nostalgie facile. Ici, la nostalgie est fissurée, consciente, presque inconfortable. Et c’est précisément ce qui rend « Alicante » touchant : il ne promet pas un retour vers un passé idéalisé, seulement la possibilité de s’y confronter, pixels après pixels, avec lucidité et tendresse mêlées.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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