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The Ghostly Pulse fait tomber « Oh Heavy Rain » sur nos nerfs à vif

The Ghostly Pulse fait tomber « Oh Heavy Rain » sur nos nerfs à vif
  • Publisheddécembre 20, 2025

« The Ghostly Pulse transforme la pluie en miroir intérieur sur Oh Heavy Rain et signe un morceau sombre, lent et obsédant qui colle à l’époque comme un manteau trempé. »

Sous le nom de The Ghostly Pulse, Nik Nova avance à pas feutrés mais sûrs, comme quelqu’un qui connaît déjà la fin du film et choisit pourtant de le vivre quand même. Oh Heavy Rain ne cherche ni l’explosion ni le refrain qui rassure. Le morceau s’installe. Il insiste. Il répète. Il observe. Et surtout, il laisse un espace immense au malaise, ce sentiment diffus qu’on reconnaît immédiatement sans toujours savoir le nommer.

Dès les premières secondes, la musique s’étire dans une lenteur volontaire, presque clinique. La rythmique programmée bat comme un cœur sous anxiolytiques, pendant que les guitares se superposent en couches fines, jamais démonstratives. Ici, pas de saturation héroïque, mais une tension sourde, une retenue calculée qui rappelle l’élégance trouble de Portishead, sans jamais tomber dans la citation facile. Oh Heavy Rain avance par micro-déplacements, par variations presque invisibles, comme si chaque son était pesé, puis volontairement laissé à moitié en suspens.

La voix de Nik Nova ne surjoue rien. Elle glisse au-dessus du morceau, détachée, légèrement distante, comme un narrateur qui aurait déjà trop vu pour encore s’étonner. Ce choix renforce le propos : parler d’identité fragmentée, de pression sociale, de cette injonction permanente à être plusieurs versions de soi-même en même temps. La pluie lourde du titre devient alors une métaphore évidente, mais jamais lourde : elle tombe, encore et encore, effaçant les contours, brouillant les silhouettes.

Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence du geste. Tout est fait maison, écrit, enregistré et mixé par Nik Nova, avec cette obsession du détail discret. Même le solo de guitare de Stefan Schoo surgit sans effet de manche, comme un cri étouffé dans une pièce voisine. Et quand on apprend que le mastering est confié à Sascha Joseph, on comprend mieux cette profondeur feutrée, ce grain sombre qui semble absorber la lumière plutôt que la refléter.

Oh Heavy Rain n’est pas un morceau qui cherche l’adhésion immédiate. Il préfère l’usure lente, l’infiltration. C’est une musique qui accompagne les pensées circulaires, les nuits trop longues, les moments où l’on se sent morcelé sans trop savoir pourquoi. Une pièce sombre, élégante, et profondément contemporaine, qui confirme The Ghostly Pulse comme un projet qui ne fait pas de bruit inutile, mais qui laisse des traces durables.

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Written By
Extravafrench

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