Candy Cane Cigarettes de M the Myth transforme Noël en terrain de jeu trouble, brillant et délicieusement bancal, où la douceur se mêle au goût du manque.
Chez M the Myth, rien n’est jamais innocent, surtout pas les images sucrées. Candy Cane Cigarettes joue avec une icône de l’enfance pour mieux la fissurer, la tordre, la regarder brûler lentement entre deux souvenirs. Derrière ce titre faussement léger, M the Myth construit un morceau qui scintille comme une guirlande mal branchée : ça éclaire, ça clignote, et parfois ça grésille dangereusement.
Dès les premières secondes, le morceau impose son décor. Une pop jangle élégante, nappée de textures electro-polies, avance avec ce pas dansant typique des chansons qui sourient tout en cachant une mélancolie persistante. La production est nette, presque luxueuse, mais jamais lisse : chaque son semble porter une légère aspérité, comme si le sucre collait encore aux doigts. Candy Cane Cigarettes ne cherche pas la naïveté, il la met en scène pour mieux la questionner.
La force du titre tient dans cette tension permanente entre réconfort et malaise. Les mélodies s’installent facilement dans l’oreille, mais quelque chose résiste, gratte, refuse la pure légèreté. M the Myth excelle dans cet art du contraste : offrir une pop immédiatement mémorisable tout en injectant un arrière-goût de solitude, d’excès, de fêtes trop longues et de lendemains flous. On pense à ces nuits d’hiver où la ville est belle parce qu’elle est vide, où les lumières semblent plus intimes quand tout le monde est déjà rentré.
Vocalement, l’interprétation navigue entre détachement ironique et fragilité assumée. La voix ne force jamais l’émotion ; elle la laisse affleurer, doucement, presque en retrait, comme une confidence glissée au milieu du bruit ambiant. Cette retenue donne au morceau une élégance rare dans la pop festive, souvent tentée par la surenchère.
Musicalement, Candy Cane Cigarettes s’inscrit dans une tradition pop moderne qui aime brouiller les frontières : un pied dans la nostalgie, l’autre dans une esthétique résolument contemporaine. Les guitares claires dialoguent avec des synthés feutrés, créant une atmosphère à la fois chaleureuse et légèrement artificielle, comme un décor de film où l’on devine les coulisses derrière les paillettes.
Au fond, M the Myth signe ici un titre de saison qui refuse d’être saisonnier. Candy Cane Cigarettes parle moins de fêtes que de ce qu’on projette sur elles : le besoin de briller, de s’oublier, de se raconter une histoire plus douce que la réalité. Une pop intelligente, accrocheuse sans être creuse, qui prouve qu’on peut encore écrire des chansons de Noël sans renoncer à la nuance, ni à une certaine forme de lucidité émotionnelle.
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