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Skylarka dissout la réalité dans « Somnorine » : un album qui rêve debout et marche les yeux ouverts

Skylarka dissout la réalité dans « Somnorine » : un album qui rêve debout et marche les yeux ouverts
  • Publisheddécembre 29, 2025

Entre Half-Remembered et Mo(u)rning Lazarus, Skylarka transforme Somnorine en territoire mental mouvant, un disque qui ne se contente pas de s’écouter mais s’infiltre, s’installe, persiste.

Quelque chose se dérobe dès les premières secondes de Somnorine. Pas une entrée franche, pas de grand geste inaugural. Skylarka choisit le trouble. Half-Remembered flotte comme un souvenir mal rangé, une pensée qui revient sans prévenir. La musique avance en apnée, fragile, presque timide, et impose immédiatement un rapport intime à l’écoute. Ici, rien ne s’impose, tout suggère. On comprend vite que cet album n’est pas fait pour accompagner mais pour absorber.

Le choc arrive avec Cybernetic Fist (Maru Malandra Theme), pièce démesurée qui refuse toute économie. Skylarka y bâtit une architecture sonore lourde, hybride, où la chair et le métal semblent se confondre. Le morceau s’étire, insiste, teste la résistance de l’auditeur. C’est une lutte interne mise en sons, un corps qui cherche à rester humain dans un environnement devenu mécanique. Rien de décoratif, tout est tension.

A Man Beyond Death agit comme un repli brutal. Plus court, plus sec, le titre interroge la persistance de soi après l’effondrement. Skylarka y laisse beaucoup d’espace, comme si la musique elle-même hésitait à continuer d’exister. Une parenthèse vertigineuse.

Avec Pallid Moonscape, Somnorine s’éloigne encore du réel. Les textures deviennent spectrales, le paysage sonore se couvre d’une lumière froide. On avance dans un décor lunaire, déserté, où chaque note semble peser plus que la précédente. La musique ne raconte pas, elle expose un état.

Cette sensation de beauté menacée se précise sur Amid The Burning Blossoms. Le morceau séduit d’abord, puis inquiète. Sous ses harmonies presque rassurantes, une tension persiste, prête à rompre l’équilibre. Skylarka excelle dans cet art du contraste, laissant toujours planer le doute.

Hero’s Homecoming déjoue ensuite toute idée de triomphe. Le retour n’a rien de glorieux, il est fatigué, lucide, presque amer. Le héros rentre changé, incapable de se reconnaître dans ce qu’il a traversé. La musique avance sans emphase, avec une sobriété désarmante.

Le disque bascule franchement avec The Witch House. Plus abrasive, plus frontale, cette pièce expose la part la plus sombre de Somnorine. Skylarka n’édulcore rien, laisse les sons grincer, se heurter, jusqu’à l’inconfort.

Puis vient Unearthly Vagabond, centre de gravité du projet. Longue errance hypnotique, le morceau suspend le temps. On ne suit plus une progression, on dérive. La durée devient un langage, l’errance une finalité.

La clôture, Mo(u)rning Lazarus, refuse toute résolution nette. Entre deuil et renaissance inachevée, Skylarka laisse l’album se dissiper lentement, sans réponse claire. Somnorine s’achève comme il a vécu : dans l’instabilité.

Disque exigeant, profondément sensoriel, Somnorine confirme Skylarka comme un architecte de mondes intérieurs, préférant la fissure à la certitude, et l’expérience à la démonstration.

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Extravafrench

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