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Soluss sur « It’s Him » : Detroit sort l’ombre et l’ego se regarde enfin en face

Soluss sur « It’s Him » : Detroit sort l’ombre et l’ego se regarde enfin en face
  • Publisheddécembre 29, 2025

Avec It’s Him, Soluss signe un disque-manifeste, celui d’un artiste qui cesse de se cacher derrière les pseudos pour affronter son propre reflet, micro ouvert et nerfs à vif.

Detroit plane sur l’album comme une tension permanente, pas comme un décor. It’s Him n’est pas une carte postale, c’est une chambre d’écho. On y entre comme dans un studio encore chaud, câbles au sol, restes de nuits trop longues, vannes laissées volontairement dans les prises. Soluss n’arrive pas en conquérant : il arrive en survivant lucide, conscient d’avoir trop attendu, mais prêt à assumer chaque seconde de ce retard. Le changement d’identité – de son of andy à Soluss – n’est pas cosmétique. Il est existentiel.

Dès Paladin (It’s Him), l’album annonce la couleur : une intro brève, presque cérémonielle, où la voix s’installe comme un serment. Ce n’est pas un ego trip, c’est une prise de poste. Please Understand enchaîne avec un rap plus introspectif, où la diction se fait tranchante sans jamais perdre une certaine fragilité, comme si la confiance venait à peine d’être apprivoisée. Puis Rhymes Like Razors confirme l’influence de Pharoahe Monch : changements de ton, précision chirurgicale, plaisir du flow maîtrisé jusqu’à la découpe.

Ce qui frappe dans It’s Him, c’est la durée volontairement courte de nombreux morceaux. Soluss préfère l’impact à l’étalage. Fanatic, Sink When I’m Dead, Marionette : des vignettes mentales, presque des haïkus rap, qui renforcent la sensation d’urgence. Rien n’est là pour remplir. Tout sert le propos. Cette approche rappelle l’énergie collective et ludique de Clear Soul Forces, mais filtrée par une solitude assumée.

Les collaborations ne diluent jamais la vision. Baba Yaga, en duo avec Kayoken, son complice de toujours, agit comme un pivot sombre et ludique à la fois. Ghosts et MCWS avec Ron1n Sumo explorent les zones hantées du disque, là où les regrets deviennent des personnages. Pay the Fiddler et Delroy, plus longs, respirent davantage, laissant apparaître une écriture plus narrative, presque cinématographique.

L’enregistrement à Toneworx se ressent dans la texture brute du son. On entend les murs, les silences, même les accidents – jusqu’aux miaulements du chat, clin d’œil absurde mais révélateur : Soluss ne cherche pas la perfection, il cherche la vérité, même quand elle fait sourire. Le moment où il lâche « What I can’t be a fan of myself? » résume tout l’album : l’instant précis où l’autodérision devient affirmation.

It’s Him n’est pas un album qui supplie l’attention. Il la mérite par cohérence, par honnêteté, par cette sensation rare d’écouter quelqu’un qui a enfin décidé d’arrêter de se retenir. Un premier album sous un nouveau nom, oui. Mais surtout un point final posé sur des années de doute – et un vrai point de départ.

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Written By
Extravafrench

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