Mrs. Right ressemble à ce moment précis où le doute s’efface quelques secondes, juste assez longtemps pour imaginer que l’amour pourrait durer.
Il y a dans Mrs. Right une lumière particulière, celle des débuts, quand tout paraît possible et que chaque geste semble chargé d’un sens démesuré. Naesh ne chante pas la certitude, il chante l’élan. Celui qui naît quand une rencontre trouble l’ordre établi, quand le cœur accélère sans demander l’autorisation au cerveau. Dès les premières mesures, la production installe un climat feutré, presque tactile, où la pop se teinte de R&B avec une élégance qui évite l’excès de sucre.
Ce qui frappe, c’est la façon dont la voix s’installe dans le morceau : souple, confiante sans être arrogante, capable de glisser d’un murmure à une affirmation plus solaire. Naesh ne force jamais l’émotion. Il la laisse infuser, porté par un mid-tempo qui respire, pensé pour accompagner les pensées qui dérivent plutôt que pour les interrompre. Mrs. Right ne cherche pas le coup d’éclat immédiat, elle s’insinue lentement, comme un souvenir qui revient sans prévenir.
La filiation est assumée, mais digérée. On perçoit l’ombre de Bruno Mars dans le sens du groove soigné, cette capacité à mêler sensualité et accessibilité, sans tomber dans l’imitation servile. L’influence est là comme une grammaire, pas comme un costume. Naesh parle sa propre langue, nourrie de références, mais ancrée dans une expérience intime : celle des amours de jeunesse, des projections naïves, de la vulnérabilité qui accompagne les premières certitudes trop grandes pour être vraies.
La production, riche sans être saturée, joue un rôle essentiel. Les arrangements enveloppent la voix avec délicatesse, laissant de l’espace aux silences, aux respirations. Chaque élément semble pensé pour servir l’émotion plutôt que la performance. Mrs. Right fonctionne parce qu’elle ne surjoue jamais la passion. Elle l’évoque par touches, par sensations, par cette impression diffuse que l’on tient peut-être quelque chose de précieux, sans savoir encore comment le protéger.
Ce morceau s’inscrit dans une tradition pop contemporaine qui n’a pas peur de la romance, à contre-courant d’un cynisme devenu presque obligatoire. Naesh assume le risque d’être sincère, de croire encore à l’idée d’une connexion vraie, même provisoire. Et c’est précisément là que Mrs. Right trouve sa force : dans cette tension entre l’espoir et la lucidité, entre le fantasme et la réalité.
À l’écoute, on ne pense pas à la fin de l’histoire, seulement à son commencement. Mrs. Right capture cet instant suspendu où l’on se surprend à croire que l’autre pourrait être la bonne personne. Même si ce n’est qu’un mirage, le temps d’une chanson, Naesh nous rappelle que ce vertige-là mérite encore d’être chanté.
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