Depuis Thuin, il façonne tout de ses mains (instru, prod, mix) puis invite une voix choisie comme on caste un premier rôle, pour que l’émotion colle au texte et au grain. .Indé jusqu’au bout des ongles, D.rime.all revendique l’artisanat contre la rumeur d’algorithmes : chez lui, les chanteuses sont bien réelles, recrutées, payées, dirigées, parce que chaque titre demande un timbre précis et une respiration vivante.
Les références se bousculent, mais la signature est ailleurs — dans le souci maniaque du détail, le goût du contraste (solaire/triste, club/confession), et cette façon de transformer une histoire vécue en refrain qui reste. On a parlé voix multiples, anti-IA, mélodies “à l’instinct” et futur plus dur au compteur.
1. Quand tu fermes ton DAW et que la pièce retombe au silence, qui reste-t-il de D.RIME.ALL ?
Quand je ferme mon DAW, je sors mon stylo et ma guitare. Je compose, j’écris, et surtout je prends soin de la santé et du bien-être des autres grâce à mon autre métier. D.rime.all, c’est du partage, des confidences, de l’émotion. C’est de la bienveillance, une oreille attentive, et un espace où chacun peut se reconnaître.
2. D’où viens-tu, quelle scène t’a formé, et quel moment précis a fait basculer ta pratique de “faire comme les autres” à “trouver ta propre règle du jeu” ?
À la base, je suis un gros fan de musique extrême. Certains styles de métal, le hardcore… j’en joue et j’en chante pour le plaisir. Mais j’aime aussi ce qui est symphonique, intense émotionnellement. Le truc, c’est que j’en écoute tellement que je n’avais pas envie d’en faire professionnellement. J’ai donc lâché prise, fermé les yeux, et suivi le feeling vers d’autres genres. Ça m’a explosé le cerveau… créer quelque chose que je ne maîtrisais pas encore, découvrir d’autres façons de bosser, de nouvelles textures sonores. J’envisage d’intégrer plus d’éléments “métal” dans certains morceaux.
3. Si tu devais expliquer ton univers sans nommer aucun genre, quelles images, matières, couleurs tu utiliserais ?
Définir mon style… compliqué. C’est juste moi, qui assemble impulsivement des choses à l’oreille. Je n’ai pas de genre précis. Si je devais résumer : électronique, onirique, intime, parce que je partage des histoires personnelles. En couleurs : blanc, rouge et noir. En matières : sable, soie, terre et feu.
4. Peux-tu nous donner trois références hors musique (film, livre, lieu) qui résument mieux ton son que n’importe quelle étiquette ?
Requiem for a Dream, Roméo + Juliette… et le bassin d’Arcachon.
5. Pourquoi des voix différentes, concrètement sur ton projet ?
Certaines voix collent mieux à certains textes ou à certaines émotions. Je cherche toujours celle qui portera le mieux le projet. Comme je suis encore peu connu, j’ai parfois essuyé des refus de voix incroyables, ou des limites financières. Mais j’ai plein de projets en gestation, et je sens que la suite va être géniale.
6. Raconte un morceau où tu as compris que “la bonne voix” n’était pas la tienne ni celle que tu utilisais d’habitude. Qu’est-ce qui a tranché : le timbre, l’accent, l’attaque des consonnes, la capacité à chuchoter ? Donne-nous un exemple précis de phrase ou de motif mélodique qui a changé de sens avec le bon interprète.
Parfois c’est une question d’accent, de souffle, de manière de reprendre une phrase, de prononciation… de feeling pur. J’ai recommencé sept fois mon titre Repaire à cause de soucis vocaux, et je n’en suis toujours pas satisfait. Je l’ai d’ailleurs retiré des plateformes. Je vais le recréer de A à Z : je déteste rester sur un échec.
7. Comment tu cherches et sélectionnes tes chanteuses : annonces, recommandations, plateformes pro ? Qu’écoutes-tu d’abord (diction, justesse, grain, personnalité) ? As-tu un protocole de test (plage d’octaves, ligne guide, prise live au casque) avant de valider ?
Je “recrute” les chanteuses sur des plateformes pro ou via les réseaux. Je commence par écouter le timbre, puis la justesse, puis la technique. Pour le reste, j’adapte avec divers plugin et mes traitements. On bosse ensuite sur un premier jet, en espérant que ce soit le bon, puisque la première prise est souvent payante.
8. À quoi ressemble ton brief (moodboard, références, texte annoté) ? Combien de prises tu demandes, comment tu gères les retakes, et à quel moment tu sais que “c’est la bonne” ? Un exemple où une proposition de la chanteuse t’a obligé à réécrire la topline ou l’arrangement.
Sur les sites pro, ce sont généralement les chanteuses qui définissent le nombre de prises. La plupart du temps, c’est une prise, avec éventuellement un second essai. Heureusement, je ressens assez vite qui peut coller à mon univers grâce aux extraits qu’elles exposent sur leur page. J’ai eu la chance de travailler avec cinq d’entre elles jusqu’ici.
9. Quelle part de la rumeur “voix IA” as-tu déjà dû gérer concrètement (commentaires, signalements, doutes de plateformes) ? Quelles traces tangibles tu laisses pour prouver l’humain (crédits, stems, b-roll studio, factures signées), et comment tu penses l’éthique de la transparence sans tuer le mystère artistique ?
J’utilise beaucoup de samples et les voix des chanteuses que je retravaille. Parfois, l’anti-IA de mon distributeur se trompe et je dois envoyer une vidéo de mon DAW en train de lire le projet pour prouver que c’est bien moi derrière la prod. C’est agaçant et amusant en même temps.
Je ne laisse aucune trace visible pour les autres : je n’ai pas le droit de mentionner les chanteuses si elles ne m’ont pas donné leur accord pour apparaître en featuring. Questions de tarifs, mais aussi de choix personnel pour certaines. J’espère pouvoir faire des feats officiels un jour.
10. Tu annonces 150–300€ par titre. Que couvre cette enveloppe exactement (temps de séance, préparation, retakes, harmonies) ? Comment tu adaptes le budget quand la demande s’élargit (choeurs, ad-libs, traductions) ? As-tu une politique minimale de rémunération et de crédit, et pourquoi y tiens-tu ?
Le budget moyen que j’indique correspond à une prise d’une chanteuse moyennement populaire. Certaines demandent plus de 800 euros !
J’aime pourtant faire travailler des artistes débutantes comme moi, parfois avec un potentiel vocal fou, plutôt que des chanteuses ultra-demandées. Je me limite à ce budget parce que ma seule rémunération pour l’instant, c’est le plaisir de partager et de créer. Je ne peux pas payer des sommes énormes pour la voix, malheureusement.
11. Quel type d’accord utilises-tu (cession d’interprétation, buyout, split mechanical/performance) ? Où et comment tu crédites les voix (DSP, clip, pochette, ISRC/ISWC) ? Une situation où des crédits mal renseignés t’ont coûté cher et ce que tu as mis en place depuis.
Pour les droits, c’est simple : je paie pour une utilisation libre de leur voix sur mes morceaux, avec 100 % des royalties pour moi. C’est ce qui justifie le prix d’une prise.
12. Tu dis ne pas avoir la “voix d’ange” attendue. Au-delà du timbre, qu’est-ce qui, selon toi, te dessert ou te libère quand tu chantes ? Imagines-tu des titres où ta voix sera présente, assumée comme “matière brute” au milieu d’autres timbres ?
Je ne chante pas encore assez juste, et ma voix est très marquée “métal”. J’aimerais m’investir plus vocalement dans le futur, peut-être en prenant des cours de chant. rire
13. Tu évoques deux morceaux avec la même chanteuse, par coup de foudre. Qu’est-ce qui a déclenché ce crush (attaque, souffle, attitude) ? Qu’as-tu modifié dans l’écriture et le mix pour lui faire plus de place ? À partir de quand un coup de cœur devient une collaboration récurrente… et un risque de signature trop reconnaissable ?
Pour cette collaboration-là… je sais même pas quoi dire. Elle était parfaite. Je lui ai proposé quatre textes, elle en a choisi deux, plus dix instrus. Tout s’est enclenché comme si tout avait été écrit pour elle. C’était magique.
14. Tu veux qu’on se dise “cette musique est bien, qui c’est ?”. Comment tu maintiens ce brouillard désiré tout en gardant un ADN reconnaissable (structures, basse, sound design, imagerie) ? Quels sont les trois éléments non négociables de ton son, même quand la voix change ?
Chaque morceau a sa personnalité. Selon les périodes, on peut sentir une influence électro-pop plus marquée, des touches de dubstep, ou juste une profondeur dans les textes de la mélancolie, de l’amour, de la poésie. C’est difficile de leur trouver des similitudes. Peut-être que d’autres musiciens y arriveront mieux que moi… je vous laisse analyser ça, les gars. rire
15. Comment tu fais dialoguer sémantique et timbre : écris-tu la mélodie en pensant déjà à un type de voix (fumée, claire, nasale), ou castes-tu après coup ? Un exemple où un mot, une consonne ou une langue t’a forcé à changer d’interprète.
Honnêtement, je crée les mélodies un peu “à l’instinct”. Je gratte quelque chose à la guitare, je transpose ça sur un synthé, et si ça me parle, ça finit dans le DAW. Parfois je pars d’une drum loop ou même juste d’un rythme que je tapote sur mon bureau en mode “waw, ça sonne trop bien !”. Ensuite j’ajoute des basses si ça manque de corps, puis je construis la mélodie principale par-dessus.
J’en ai déjà pondu plus d’une centaine… isolément, elles sonnent bien, mais dès que je les mets dans un morceau complet, j’ai souvent ce moment de lucidité un peu brutal : “ok, c’est nul, je ne peux pas sortir ça !”. Du coup j’en crée une nouvelle, et l’ancienne finit au placard.
Sauf qu’à force, le placard déborde, alors maintenant je fais l’inverse : je pars d’une mélodie existante et je construis les percussions autour.
Je ne suis pas un génie de la musique. Je suis quelqu’un de simple, avec des connaissances modestes, qui fait ce qu’il aime, qui se plante souvent… et qui réussit parfois.
16. Quand tu construis un instrumental, où laisses-tu volontairement des “vides” pour que l’interprète respire ? Parle de tes choix de compression parallèle, de saturation douce, de micro/chaîne préférée pour certains grains (détailler sans trahir de recettes si tu veux).
Il n’y a pas de recette magique. Je crée, puis je lâche l’affaire : “voilà mon job, maintenant j’y crois”. Je compose ce que j’aime et j’y associe un texte, ou alors je fais l’inverse : j’écris d’abord, puis je compose pour coller à l’atmosphère du texte.
Je n’adapte rien spécialement pour le chant. J’utilise parfois de l’autotune pour certaines chanteuses, du doublage vocal, je bosse l’égalisation, j’ajoute de la reverb, de la compression, je modifie l’attaque… Ça peut corriger des défauts, sublimer certains passages, ou donner une touche électronique tout en gardant un côté organique.
Je déteste les voix trop autotunées ou vocodées à outrance, ça tue la personnalité vocale. Mais c’est juste mon avis.
17. Comment tu dis “moins de vibrato”, “plus de poitrine”, “attaque plus sèche” sans casser l’élan d’une chanteuse ? As-tu des phrases, des images qui fonctionnent mieux que des consignes techniques pour obtenir la nuance voulue ?
Avec une chanteuse, c’est simple : je lui demande juste de ne pas me faire une Mariah Carey rire. Trop d’effets tue l’effet. Je suis ouvert, et ma seule vraie consigne c’est : “ne force rien, sois naturelle, ressens la chanson, laisse-toi porter, prends du plaisir”.
Bourrer un artiste de consignes, ça ne sert à rien. C’est frustrant pour eux, et de toute façon je ne suis pas chanteur, elles font ça mille fois mieux que moi.
18. Plusieurs voix sur disque : comment tu le défends sur scène ? Versions réarrangées, invités ponctuels, traitement live de ta voix, projections de stems a cappella ? Quelle part d’impro tu t’autorises pour que le public comprenne la main humaine derrière chaque choix ?
Je ne peux pas faire de scène pour le moment à cause de mes soucis de santé. Mais ça me plairait énormément ; c’est un rêve de gosse.
Si l’un de mes morceaux perce, j’inviterais la chanteuse à venir faire quelques lives avec moi, et je renégocierais les royalties pour la mettre officiellement en featuring. Elle l’aurait largement mérité.
Sinon, je me contenterais de jouer mes morceaux plus électro en mode DJ, grosse sono et ambiance totale.
19. Tu dis préférer les histoires et les discussions longues à la musique en fond. Quels podcasts, émissions, médias t’ouvrent des portes d’écriture en ce moment ? Comment tu transformes une idée entendue en motif mélodique ou en gimmick rythmique ?
J’adore échanger avec les gens, écouter leurs histoires. Parfois ça m’inspire un texte. Je peux partir d’un mot, d’une idée, ou de rien du tout.
Pour les mélodies c’est pareil : si on me parle d’une rupture en été, j’imagine quelqu’un seul sur une plage, au clair de lune, cœur brisé… et je essaie de ressentir l’iode, d’entendre les vagues, de capter l’émotion, puis de tout traduire en musique.
20. Prends ton dernier single : quelles étaient les trois contraintes de départ (tempo, tonalité, sensation corporelle) ? Quelle a été la toute première brique (kick, basse, motif synthé, texte) et la toute dernière modif avant export ?
Les seules contraintes que je voulais pour ce morceau, c’était quelque chose de solaire, entraînant, avec une voix plus lyrique que d’habitude. Je pense avoir réussi ça avec Solar Blade. Et si vous avez aimé ce titre, préparez-vous : je sors une grosse pépite vers février-mars, “Take My Heart Not My Ass”. Ça parle du manque de respect de certains hommes envers les femmes.
Pour celui-là, j’ai commencé par le texte, et j’ai fini par la voix. J’ai galéré dessus… je ne suis pas un pro de la masterisation, et j’ai chipoté des heures sur des micro-détails. Je n’en suis pas 100 % satisfait, mais c’est dans ma nature.
21. Raconte une piste abandonnée qui t’a appris quelque chose (mauvaise chanteuse pour le bon morceau, ou l’inverse). Que gardes-tu de ces erreurs dans ta check-list avant d’appeler une voix ?
Repaire fait partie des morceaux que j’ai retirés des plateformes ou mis de côté. Je vais le refaire, mais j’attends la bonne personne… ou alors je retravaille toute l’instru. Je verrai. Ce sera pour 2026.
Ce morceau m’a appris un truc : tout ne peut pas être parfait. Certains projets demandent énormément de travail pour un résultat qui paraît minime… mais quand on prend du recul, on se rend compte que ces résultats sont magnifiques, pour peu qu’on accepte de les apprécier.
C’était l’un de mes premiers morceaux. Il n’était pas parfait, il avait des parasites, du matériel cheap… c’est la vie.
22. Tu distingues IA outil et IA substitut. Où places-tu la limite acceptable (tuning, clone, prompt-to-voice) ? Quel cadre minimal tu souhaiterais voir imposé par les plateformes pour protéger les interprètes ?
L’IA doit rester un outil, pas un remplaçant. Elle peut aider un chanteur à écrire un texte, ou aider à masteriser un morceau créé par un artiste, mais si l’IA fabrique 100 % de la musique.. instru, voix, mastering… il n’y a plus de travail artistique.
Il est trop tard pour l’interdire. Mais je pense que les artistes doivent eux-mêmes limiter son usage, par respect pour le métier. Et les distributeurs devraient vérifier davantage, demander des vidéos des sessions DAW par exemple, pas à chaque release, mais régulièrement. Ça ferait déjà un tri.
Donc oui aux outils, non aux remplaçants. Il y a des gens qui bossent dur pour vivre de leur musique, et inonder l’industrie avec des tracks full IA faites sur Suno ou autres, ça finit par tuer les vrais artistes.
Pour un anniversaire, un cadeau, un délire perso, ok. Mais ne balancez pas ça sur les plateformes comme si vous étiez artistes… parce que vous ne l’êtes pas.
23. Sans dévoiler le calendrier, quel territoire sonore tu as envie d’explorer ensuite (tempo, textures, langues) ? Une collaboration idéale (profil, pas un nom) et ce que tu attends d’elle.
J’ai envie de partir sur un délire plus “hard” pour deux ou trois titres : grosses basses, sons hachés, ambiance indus, un mix entre dubstep et hardcore. Et en parallèle, faire d’autres morceaux chill, EDM, electro pop. Je fais un peu tout et son contraire. Me limiter à un genre me tuerait la créativité. Je sais que ça complique la création d’un album, parce que personne n’achèterait un disque mélangeant rap US, punk et musique traditionnelle mongole par exemple… mais tant pis. Moi, ça m’éclate.
Pour une collaboration rêvée : la chanteuse qui pose sa voix sur Ray of Solar (Swedish House Mafia) ou Poppy, sans hésiter.
24. Si tu avais trente secondes au début d’un concert pour dissiper le soupçon d’IA sans faire la morale, que dirais-tu — et que ferais-tu musicalement dans les 30 secondes suivantes pour le prouver ?
Si je fais un featuring officiel, je fais monter la chanteuse sur scène, et c’est parti !
25. Qu’aimerais-tu lire dans un mail de prise de contact parfait (démos, tessiture, contraintes) ? Quel est le meilleur signe que la collaboration sera fluide avant même la première prise ?
Idéalement, j’aimerais quelqu’un de simple et naturel. Pas une diva qui pense que tout lui est dû et que le morceau lui appartient.
J’adore les personnes bienveillantes, passionnées, avec de l’humour, de la légèreté et du professionnalisme.
26. Comment tu vas raconter tout ça sans ruiner la magie : posts, crédits, mini making-of ? Où mets-tu la limite entre nécessaire transparence et surexposition fatigante ?
Je fais le strict minimum, je ne vois pas quoi ajouter d’autre.
27. Si cette interview n’en laissait qu’une idée, ce serait laquelle : une conviction, une méthode, une sensation ?
Un artiste simple, passionné, sensible et naturel, sans doute. À vous de me le dire.
28. Un mot pour l’industrie qui fantasme l’IA, un mot pour les auditeurs pressés, un mot pour les interprètes avec qui tu veux bâtir un projet concret ?
La beauté de la musique, c’est qu’elle rapproche les gens. C’est une passion dévorante, un monde qu’il faut protéger. Pour moi, une vraie collaboration artistique, c’est comme concevoir un enfant avec quelqu’un qu’on aime : deux mondes qui se rencontrent, qui forment un tout unique, qu’on élève ensemble avec patience et bienveillance, jusqu’à ce qu’il atteigne son plein potentiel.
Ça demande du travail, parfois des concessions, mais ça en vaut chaque seconde.
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