x
Music Now Rock

Hamish Anderson nous enivre sur “Steal Away”

Hamish Anderson nous enivre sur “Steal Away”
  • Publishedjanvier 7, 2026

Il y a, dans Steal Away, cette sensation rare d’un morceau qui ne commence pas vraiment et ne finit jamais tout à fait, comme un souffle qui traverse la pièce et s’attarde dans l’air bien après le dernier accord.

Écouter Steal Away, c’est accepter de ralentir sans y être invité. Hamish Anderson ne pose pas un décor, il installe une atmosphère, presque une température. Celle d’un blues moderne débarrassé de ses poses, qui refuse la nostalgie facile comme les grands gestes héroïques. Ici, rien n’est appuyé. Tout est vécu. On sent un musicien qui n’a plus besoin de prouver qu’il sait jouer, mais qui cherche plutôt à comprendre pourquoi il joue encore.

La guitare avance à pas feutrés, comme si elle marchait sur un parquet ancien qu’on ne veut pas faire craquer. Chaque note semble avoir été laissée volontairement en suspens, avec ce léger tremblement qui dit plus que mille envolées techniques. Anderson n’empile pas les riffs, il raconte des silences. Et dans ces silences, il y a une densité presque physique, une forme de mélancolie qui ne cherche ni à séduire ni à consoler.

Ce qui frappe, c’est cette impression de fuite immobile. Steal Away parle moins d’un départ que de l’envie de disparaître à l’intérieur de soi, de s’extraire du bruit sans quitter le lieu. Le groove est là, discret mais ferme, ancré dans une tradition blues qui regarde droit devant elle. La rythmique ne pousse jamais, elle accompagne comme un battement de cœur régulier, laissant l’espace respirer autour de la voix.

La voix justement, rugueuse sans être démonstrative, semble porter le poids de quelque chose de déjà digéré. Pas de colère explosive, pas de plainte théâtrale. Plutôt une fatigue lucide, celle de quelqu’un qui a compris que certaines blessures ne se referment pas mais cessent de faire mal quand on apprend à vivre avec. Anderson chante comme on parle à soi-même, à mi-voix, dans ces moments où l’on n’attend plus de réponse.

Steal Away s’inscrit dans cette catégorie précieuse de morceaux qui ne cherchent pas l’adhésion immédiate. Il faut lui laisser du temps, accepter qu’il s’infiltre lentement. En échange, il offre quelque chose de plus durable qu’un simple frisson : une présence. Un blues contemporain, élégant, profondément humain, qui rappelle que la modernité n’est pas une question de sons, mais de regard.

Un titre qui ne s’impose pas, mais qui s’installe. Et une fois là, il refuse de partir.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture