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Oster secoue la trap FR avec « Trapistan » et nous replonge dans les années 90 avec « Dans la peau »

Oster secoue la trap FR avec « Trapistan » et nous replonge dans les années 90 avec « Dans la peau »
  • Publishedjanvier 7, 2026

Entre mirage urbain et nostalgie détournée, Oster transforme la trap en terrain de jeu frontal et charnel.

Il y a des artistes qui arrivent avec une posture. Et puis il y a ceux qui débarquent avec une collision. Oster fait clairement partie de la seconde catégorie. Avec Trapistan et Dans la peau, il ne cherche pas à choisir entre l’efficacité contemporaine et la mémoire collective : il les superpose, sans précaution, sans excuse, avec une assurance presque provocante.

Trapistan s’impose d’emblée comme un décor. Un territoire imaginaire, brutal, presque dystopique, où la trap devient langage officiel. La prod frappe sec, lourde, compacte, pensée pour claquer dans l’habitacle d’une voiture autant que dans un club sombre. Oster ne surjoue pas la noirceur : il l’installe. Tout est tendu vers le refrain, calibré pour rester en tête sans jamais tomber dans la facilité TikTok. On sent l’expérience du producteur multi-platine, cette science du moment qui accroche l’oreille sans la caresser. Trapistan n’est pas là pour séduire, il impose sa loi.

À l’opposé apparent, Dans la peau joue une autre carte, plus dangereuse encore : celle du souvenir collectif. Reprendre un tube international des années 90 et le faire basculer dans la trap francophone, c’est marcher sur un fil. Oster s’en sort en assumant totalement le choc des époques. La mélodie familière agit comme un fantôme pop, tandis que la rythmique moderne vient la salir, la ralentir, la rendre plus physique. Ce n’est pas un hommage sage, c’est une réappropriation presque irrévérencieuse. Le morceau fonctionne parce qu’il ne cherche jamais à rassurer : il désoriente, il trouble, il force l’auditeur à accepter cette nouvelle peau.

Ce qui relie Trapistan et Dans la peau, au-delà de leurs esthétiques différentes, c’est cette obsession du corps et de l’impact. Oster produit une musique qui se ressent avant de s’analyser. Chaque basse est pensée comme une pression, chaque refrain comme un point de fixation. On sent derrière ces deux titres une volonté claire : sortir du rôle de l’architecte de l’ombre pour s’imposer comme figure centrale, capable de dialoguer avec la scène française tout en revendiquant une identité belge assumée.

Avec ce diptyque, Oster ne propose pas simplement deux morceaux. Il esquisse un manifeste : celui d’un producteur qui connaît les règles, les tord, les recycle, et les renvoie au public sous une forme plus dense, plus directe, presque viscérale. Une trap qui regarde derrière elle sans nostalgie, et devant elle sans naïveté.

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Written By
Extravafrench

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