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Electro Music

Paternal retourne « Everything’s OK » de Bogan Via

Paternal retourne « Everything’s OK » de Bogan Via
  • Publishedjanvier 7, 2026

Sous la pulsation, une voix rassure à moitié, un beat insiste, et le corps comprend avant la tête que tout ne va peut-être pas si mal.

Il y a des remixes qui maquillent, et d’autres qui déplacent le centre nerveux d’un morceau. La relecture de Everything’s OK par Paternal appartient clairement à la seconde catégorie. Ici, il ne s’agit pas d’ajouter de la puissance pour flatter le club, mais de transformer une chanson déjà introspective en une expérience quasi physique, tendue, lucide, résolument nocturne.

Le morceau avance comme une prise de conscience. Pas brutale, pas spectaculaire, mais progressive. Une montée de lucidité sous stroboscope. Là où l’original de Bogan Via flottait dans une mélancolie douce, presque résignée, Paternal choisit la frontalité minimale. Une techno sèche mais jamais froide, old-school dans l’ossature, indie dance dans l’attitude, avec ce goût pour la répétition qui finit par hypnotiser. Le beat martèle sans écraser. Il insiste, comme une pensée qui revient quand on essaie de l’éviter.

Ce qui frappe, c’est la gestion de l’espace. Chaque son semble pesé, placé pour laisser respirer la tension. Les nappes synthétiques n’enrobent pas, elles encerclent. Elles créent un décor mental plus qu’un paysage sonore, un entre-deux où l’on danse tout en se demandant pourquoi l’on danse. La voix, rare, presque retenue, agit comme un rappel fragile à l’ordre émotionnel. Une phrase suffit, parce que le reste se joue ailleurs : dans le ventre, dans les jambes, dans cette zone floue où le club devient introspection.

Paternal ne cherche pas l’explosion euphorique. Il préfère le moment où le doute se transforme en décision silencieuse. Continuer. Bouger. Recommencer. Cette manière de faire résonne avec une certaine tradition électronique introspective, celle qui préfère la tension à la libération immédiate, et qui regarde autant vers l’EBM que vers une techno plus sensible, presque humaine. On pense parfois à la rigueur émotionnelle d’une Marie Davidson, à cette façon de rendre la danse intelligente sans la rendre cérébrale.

Everything’s OK – Paternal Remix fonctionne alors comme une mise en scène du paradoxe contemporain : répéter que tout va bien, tout en sachant que ce n’est jamais totalement vrai. Et pourtant, le corps suit. Le pied tape. Le refrain revient. Le morceau s’infiltre. Il ne promet rien, mais il tient quelque chose. Une forme de lucidité dansante, rare, précieuse.

Ce remix n’est pas un simple outil de club. C’est un état. Une boucle mentale. Une invitation à rester encore un peu sur la piste, même quand les certitudes vacillent. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin.

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Written By
Extravafrench

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