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Chronique d’un monde qui ne répond plus avec Oreaganomics sur Locked Out on Valentine’s Day

Chronique d’un monde qui ne répond plus avec Oreaganomics sur Locked Out on Valentine’s Day
  • Publishedjanvier 8, 2026

« Locked Out on Valentine’s Day ressemble à une radio pirate émotionnelle, captée quelque part entre la désillusion sociale et l’intime à vif. »

L’album Locked Out on Valentine’s Day avance masqué, comme tout ce que fait Oreaganomics. Pas de visages, pas de narration hors-sol, pas de stratégie sociale. Juste des morceaux comme des fragments de réel, bricolés loin du circuit, loin du regard, et pourtant d’une lucidité troublante. Leur musique ne demande pas l’attention : elle la prend, par saturation douce, par honnêteté brute.

Next Meal ouvre le disque avec une urgence sèche. Court, presque affamé, le morceau parle survie plus que métaphore. Une économie de moyens qui dit beaucoup sur l’état du monde et de ceux qui y avancent sans filet.

Avec Work Not Heart, l’album révèle son nerf central. Une chanson sur la réussite sans amour, la compétence sans consolation. Le groove est retenu, presque fragile, et la phrase s’imprime comme un constat social intime.

Addicted to Emotions plonge dans un bain synthétique, saturé de sensations contradictoires. Tout va vite, tout déborde, comme une dépendance affective traduite en pop lo-fi.

Equal Wrongs ralentit le tempo pour mieux observer les déséquilibres. Rien n’est réglé, tout est négocié à perte. La chanson agit comme un miroir sans morale.

Tame feint l’apaisement mais conserve une tension sous-jacente, tandis que Venus introduit un sentiment de décalage temporel, flottant, presque hors-monde, comme une romance qui ne trouve jamais sa planète.

Pull Me Under s’enfonce davantage, tirant l’auditeur vers un espace plus sombre, avant que Love Thy Enemy ne détourne la formule biblique en questionnement amer.

I Hate Me Too frappe par sa frontalité désarmante, là où Winners Write observe les récits écrits par ceux qui restent debout.

La fin du disque, portée par Burn for No Reason, Gotta Habit Gotta Have It et Was Great Now Good, dessine un paysage d’habitudes, de renoncements lucides et de petites résistances ordinaires.

Enregistré loin des villes, nourri de lo-fi, de soul, de jazz, de rock et de trap, Locked Out on Valentine’s Day ne cherche jamais l’unité parfaite. Il préfère la cohérence humaine. Un disque qui n’explique pas le monde, mais le traverse — sans badge, sans slogan, sans retour arrière. Un album à écouter comme on entre dans une conversation qui disait déjà ce que l’on n’osait pas formuler.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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