« Do or DIY est une résistance feutrée : créer comme on respire, sans autorisation, sans témoin, sans drapeau. »
Rien ici ne cherche l’adhésion massive. Do or DIY se déploie comme une zone autonome temporaire, un espace mental où la musique électronique cesse d’être fonctionnelle pour redevenir un acte. Derrière le nom Monophonic Underground, un geste solitaire, façonné dans l’ombre, nourri d’analogique, de fragments, de tensions retenues.
Le morceau Do or DIY ouvre le projet comme un tract chuchoté. Acid basslines étouffées, percussions minimales, sons trouvés qui surgissent puis disparaissent. Le titre agit comme une insurrection silencieuse, évoquant la création comme dernier espace de liberté face aux récits saturés et normatifs. Rien n’explose, tout infiltre.
A19_a1 prolonge cette dérive intérieure. Plus abstrait, presque cinématographique, le morceau semble avancer sur une route mentale, entre IDM dépouillée et ambient granuleuse. Les textures y sont mouvantes, instables, comme si la musique hésitait volontairement à se fixer.
Avec Killer (for harmony), le décor change subtilement. La nuit tombe sur un paysage suburbain. Les mélodies se désagrègent lentement, tandis que des bribes de radios, de sirènes lointaines et de silences tendus installent une tension sourde. Le morceau raconte l’instant précis où le familier bascule, où l’ordinaire devient inquiétant.
Enfin, Cabin Fever referme l’EP dans une sensation d’enfermement lucide. Les boucles se resserrent, l’espace se contracte, traduisant cet état mental où l’isolement devient à la fois refuge et piège. Une conclusion sans résolution, fidèle à l’éthique du projet.
Inspiré autant par l’acid house originelle que par l’héritage expérimental de The Velvet Underground ou Sonic Youth, Do or DIY refuse toute nostalgie décorative. Enregistré à partir de détournements de films muets, de field recordings et de synthés bricolés, l’EP conserve une part de mystère volontaire, laissant à l’auditeur le soin de relier les fragments.
Avec Do or DIY, Monophonic Underground ne livre pas un discours. Il propose un geste. Brut, imparfait, nécessaire. Une musique qui ne promet rien d’autre que la possibilité de créer — et parfois, c’est déjà beaucoup.
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