Keep it Burning des Plastic Pals sonne comme un briquet craqué dans le vent, un geste obstiné, presque dérisoire, mais vital.
Le disque Keep it Burning n’a rien d’un retour nostalgique ni d’un exercice de style vintage. The Plastic Pals avancent ici avec la tranquillité de ceux qui n’ont plus rien à prouver, mais encore beaucoup à dire. Vingt ans de route dans les guitares, des kilomètres de scènes, et cette capacité rare à écrire des chansons qui regardent le monde droit dans les yeux sans renoncer au groove ni à l’ironie.
Saturday Night and Sunday Morning ouvre le bal avec une élégance trompeuse. Sous ses airs de power-pop lumineuse se cache déjà cette mélancolie lucide qui traverse tout l’album. Flames of Fate embraye sans prévenir, plus tendu, plus nerveux, comme si le destin s’invitait à la table sans avoir été convié. The Blue Train déroule ensuite un rock en mouvement, ligne claire, regard fixé sur l’horizon, tandis que Lost in Translation étire le temps, s’autorisant des détours psychédéliques et une respiration presque cinématographique.
Get to the Point frappe court et sec, presque punk dans l’intention, avant que Keep it Burning ne révèle le cœur battant du disque. Un titre-manifeste, faussement simple, qui parle de relations fissurées, de monde en vrac, et de cette nécessité intérieure de continuer malgré tout. Pas d’héroïsme ici, mais une endurance quotidienne, profondément humaine.
The Social Loner surprend par son ampleur. Derrière son titre discret se cache un morceau orchestral, étrange, presque lynchien, où la solitude devient un paysage mental. A Sliver of Hope joue l’équilibre fragile entre résignation et lumière, pendant que Keep an Eye on the Door installe une tension sourde, comme si chaque sortie restait provisoire.
The Hawk Moth injecte une dose salutaire de sarcasme. Guitares nerveuses, paroles acérées, humour noir en bandoulière : le morceau observe l’époque avec une ironie désabusée mais jamais cynique. Decisions revient à une forme plus introspective, presque contemplative, avant que Love’s Not the Answer ne referme l’album dans une gravité douce-amère, sans solution miracle, sans morale forcée.
Musicalement, tout est affaire de circulation. Les twin guitars dialoguent sans ego, héritières de Television et du Dream Syndicate, pendant que la production de Jonathan Segel apporte une patine organique, chaude, vivante. Rien n’est figé. Chaque chanson respire, oscille entre garage rock, power-pop, folk urbain et psychédélisme new-yorkais.
Keep it Burning ne cherche pas à sauver le rock. Il fait mieux : il le pratique comme un art du quotidien, lucide, ironique, profondément incarné. Un album qui ne crie jamais plus fort que nécessaire, mais qui insiste, patiemment, sur une idée simple et essentielle : tant que la flamme tient, même vacillante, tout reste possible.
Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :
