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Music Rock

« How the Story Ends » par The Notwist : l’art délicat de laisser une chanson respirer autrement

« How the Story Ends » par The Notwist : l’art délicat de laisser une chanson respirer autrement
  • Publishedjanvier 25, 2026

Chez The Notwist, « How the Story Ends » n’est pas rejouée, elle est doucement déplacée, comme un souvenir qu’on retourne entre les doigts pour voir ce qu’il révèle encore.

Il y a dans cette reprise quelque chose de profondément tactile. Dès les premières secondes, on sent les aspérités, les frottements, le grain laissé volontairement apparent. The Notwist ne se contentent pas d’habiller How the Story Ends d’un nouveau costume sonore : ils la font passer dans un autre climat, une autre temporalité, presque une autre manière d’être au monde. La chanson ne se dresse pas face à l’auditeur, elle l’invite à s’approcher.

Ce qui frappe d’emblée, c’est cette sensation de mouvement permanent, discret mais constant. Les guitares tintent, claquent légèrement, jamais tout à fait en place, comme si elles refusaient l’immobilité. Le rythme avance à pas feutrés, avec cette élégance maladroite que The Notwist savent manier mieux que personne. Rien n’est figé. Tout semble en train de se faire, ici et maintenant.

La voix de Markus Acher s’inscrit dans cet entre-deux fascinant. Elle ne guide pas, elle accompagne. Elle n’explique pas, elle suggère. Il y a dans son timbre une forme de douceur lucide, presque résignée, qui transforme la chanson en espace d’écoute plutôt qu’en récit linéaire. Chaque phrase flotte, portée par une instrumentation qui préfère l’air à la saturation, l’ouverture à la démonstration.

Ce choix esthétique n’a rien d’anodin. Là où beaucoup de reprises cherchent à imposer une lecture définitive, The Notwist font exactement l’inverse : ils ouvrent. Ils laissent des portes entrouvertes, des silences habités, des moments où la chanson semble hésiter, bifurquer, respirer. Cette hésitation devient une force. Elle dit quelque chose de notre époque, de ces récits qui ne savent plus vraiment comment se conclure sans tricher.

On perçoit aussi le plaisir collectif du jeu. Une impression de groupe réuni dans une même pièce, attentif aux moindres micro-variations, prêt à suivre une pulsation imprévue. Cette organicité donne au morceau une chaleur singulière, presque domestique, comme si la chanson avait trouvé refuge dans un lieu familier après avoir longtemps voyagé.

Dans cette version de How the Story Ends, il n’est jamais question de nostalgie figée. La mélancolie est là, bien sûr, mais elle n’écrase rien. Elle circule, se transforme, s’allège parfois. The Notwist prouvent une nouvelle fois leur capacité rare à conjuguer exigence formelle et émotion accessible, intelligence sonore et abandon sensible.

Ce n’est pas une fin qu’ils proposent, mais une suspension. Une manière élégante de rappeler que certaines chansons ne demandent pas à être conclues, seulement réécoutées autrement. Et dans cet art du déplacement subtil, The Notwist signent une reprise qui ne regarde pas en arrière, mais qui continue d’avancer, doucement, obstinément.

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Written By
Extravafrench

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