Quand PRENDE résonne, mc mari ne demande pas l’attention : elle la confisque, la serre, la fait danser jusqu’à l’obsession.
Impossible d’aborder PRENDE comme un simple morceau de plus dans l’océan du funk carioca mondialisé. Dès les premières secondes, quelque chose se referme. Une boucle rythmique sèche, frontale, presque hypnotique, qui agit comme une prise ferme autour de la nuque. Le titre porte bien son nom : PRENDE ne suggère pas, il attrape. Et mc mari sait exactement comment utiliser cette emprise pour transformer la répétition en arme de séduction massive.
La production avance sans détour. Ici, pas de préambule contemplatif ni de faux suspense : la batida arrive déjà chargée, lourde, pensée pour les corps avant même d’être pensée pour les oreilles. Le groove puise autant dans l’ADN brut du funk brésilien que dans une logique plus globale, presque reggaetonisée, où chaque kick semble calibré pour provoquer la réaction immédiate. On sent l’expérience du terrain, celle des pistes de danse réelles, pas des fantasmes de studio.
Mais ce qui distingue réellement PRENDE, c’est la manière dont mc mari habite ce rythme. Sa voix n’est pas là pour décorer la prod, elle la domine. Elle joue avec le tempo, s’y accroche, le défie parfois, comme si elle testait jusqu’où la tension peut tenir sans rompre. Le portugais et l’espagnol s’entrelacent naturellement, non comme un argument marketing, mais comme une extension logique de cette culture sonore transfrontalière où les clubs de Rio dialoguent déjà avec ceux de Medellín ou de Lisbonne.
Il y a dans PRENDE une intelligence du minimalisme qui force le respect. Peu d’éléments, mais chacun est placé avec une précision chirurgicale. Les silences sont presque aussi importants que les frappes : ils créent l’attente, accentuent l’impact, donnent à la répétition ce caractère addictif qui explique sans mal les millions d’écoutes accumulées. Ce n’est pas un hasard, c’est une mécanique parfaitement huilée.
Derrière l’efficacité immédiate, le morceau raconte aussi une trajectoire. Celle d’une artiste qui a grandi dans la performance, dans la persévérance, dans le rapport direct au public. PRENDE sonne comme un manifeste implicite : mc mari n’a plus besoin de prouver qu’elle sait faire des hits, elle le fait presque par réflexe, avec une assurance tranquille. Elle transforme la danse en langage, le groove en signature.
Ce qui frappe enfin, c’est la durabilité du morceau. Même après plusieurs écoutes, PRENDE ne s’use pas. Il s’incruste. Il revient par fragments, par pulsations mentales, comme un refrain fantôme qui surgit sans prévenir. C’est le signe des titres qui dépassent leur fonction première pour devenir des réflexes culturels.
PRENDE n’est pas là pour révolutionner le funk, mais pour rappeler pourquoi ce genre continue de dominer les corps et les nuits : parce qu’il parle directement au système nerveux. Et mc mari, dans ce jeu-là, prouve qu’elle sait exactement où appuyer pour que ça fasse effet.
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