« Ballade de l’anamour » avance comme un pas hésitant vers l’autre, là où l’amour ne se dit jamais tout à fait mais se joue, se devine, se raconte.
Il y a dans Ballade de l’anamour une douceur qui ne cherche pas à séduire à tout prix. Une pudeur presque ancienne, mais jamais poussiéreuse. La chanson s’installe lentement, portée par une guitare acoustique qui dessine le décor, puis par une trompette qui vient colorer l’espace comme une respiration supplémentaire. Rien n’est appuyé. Tout semble tenu par un fil fragile, celui de l’émotion partagée.
Chez Circanium, la chanson française est un art de la narration avant d’être un format. Ballade de l’anamour s’écoute comme un petit théâtre intime, où deux voix se répondent, se croisent, parfois se frôlent sans jamais se superposer complètement. Le duo vocal devient dialogue amoureux, échange imparfait, reflet d’un sentiment qui se construit dans l’entre-deux. Ce n’est pas une déclaration frontale : c’est une tentative.
La force du morceau réside dans cette simplicité habitée. La guitare trace une ligne claire, presque évidente, pendant que la trompette apporte une mélancolie douce, légèrement jazzy, qui rappelle le lien profond du groupe avec le spectacle vivant. On sent la scène derrière la chanson, le corps, le regard, l’espace partagé avec le public. Ballade de l’anamour n’est pas qu’un titre à écouter : c’est une chanson à voir, à ressentir, à vivre.
Les influences sont là, assumées mais digérées. On pense à la grande tradition de la chanson française poétique, à ces textes qui racontent l’amour sans l’idéaliser, qui acceptent ses failles, ses détours, ses maladresses. Mais Circanium ne joue pas la carte de l’hommage figé. Leur écriture reste ancrée dans le présent, portée par une sensibilité contemporaine, attentive aux silences autant qu’aux mots.
Ce qui touche particulièrement, c’est cette impression d’humanité brute. La chanson semble née d’expériences vécues, de rencontres, de moments partagés hors du cadre strictement musical. La rencontre entre les arts du cirque et la musique affleure sans jamais devenir démonstrative : dans la manière de raconter, de suggérer, de laisser l’émotion se déployer dans le mouvement plutôt que dans l’effet.
Ballade de l’anamour agit comme une parenthèse. Une chanson qui ralentit le rythme, qui invite à écouter autrement, à se laisser traverser par une émotion simple mais profonde. Elle trouve naturellement sa place dans un paysage folk-pop acoustique, mais dépasse le simple cadre du genre pour renouer avec quelque chose de plus essentiel : la chanson comme lien, comme récit partagé.
Circanium signe ici un morceau délicat, sincère, profondément incarné. Une ballade qui parle d’amour sans le figer, qui accepte l’imperfection comme moteur poétique. Et dans un monde saturé de déclarations trop rapides, cette retenue-là sonne comme un luxe rare.
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