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Music Rap

Adetola glace le regard avec « LIKE ME »

Adetola glace le regard avec « LIKE ME »
  • Publishedjanvier 27, 2026

LIKE ME ne demande pas l’approbation : Adetola l’éteint, la regarde s’effondrer, puis avance seule dans la pénombre.

Il y a, dans LIKE ME, une froideur assumée, presque clinique. Pas celle qui cherche à provoquer gratuitement, mais celle qui naît quand on cesse définitivement de vouloir être aimé pour devenir simplement indiscutable. Adetola signe ici un morceau qui ne cherche ni l’adhésion immédiate ni la séduction. Il observe, tranche, puis se retire. Une posture rare dans un rap souvent saturé de démonstrations et de demandes déguisées.

Le titre repose sur une production minimaliste, volontairement dépouillée. Les 808 sont lourdes, lentes, presque étouffantes, comme si elles occupaient tout l’espace mental. Les nappes sombres glissent en arrière-plan, laissant un vide calculé, un silence tendu où chaque mot résonne davantage. Rien n’est là pour rassurer. Tout est pensé pour installer une distance, une zone de contrôle où Adetola impose son rythme et son regard.

Le hook agit comme un pivot conceptuel. Là où l’expression “they like me” pourrait évoquer reconnaissance ou validation sociale, LIKE ME inverse totalement la logique. Le morceau ne célèbre pas le fait d’être apprécié, il le rejette frontalement. Cette négation devient une force. Une manière de dire que la confiance la plus solide est celle qui n’a plus besoin d’écho. Adetola ne s’adresse pas à une foule, elle se parle à elle-même, et cette introspection glacée devient paradoxalement universelle.

Vocalement, le morceau frappe par sa retenue. Pas de cris, pas d’effets excessifs. La voix reste droite, presque détachée, comme si chaque phrase était pesée avant d’être lâchée. Cette économie d’émotion apparente renforce la tension. On sent une rage contenue, une assurance forgée dans le silence plutôt que dans la confrontation directe. LIKE ME ne menace pas, il constate.

Ce qui rend le titre particulièrement marquant, c’est sa capacité à transformer le dark en posture élégante. La noirceur ici n’est pas décorative, elle est identitaire. Elle reflète une évolution artistique claire : moins d’explication, plus d’intention. Adetola semble entrer dans une phase où chaque morceau agit comme une déclaration stratégique, un pas précis dans une trajectoire maîtrisée.

Le morceau fonctionne aussi comme une bande-son nocturne, taillée pour les heures où l’on observe plus qu’on ne parle. Il évoque les moments de recul, ceux où l’on décide de ne plus négocier sa valeur. LIKE ME s’inscrit parfaitement dans cette esthétique contemporaine où le rap devient autant une affirmation stylistique qu’un état d’esprit.

En refusant la validation extérieure, Adetola touche à quelque chose de profondément actuel. Une fatigue collective face au regard constant, à l’évaluation permanente, aux chiffres comme mesure de l’existence. LIKE ME n’est pas un rejet du monde, mais une redéfinition du centre de gravité. Ici, il est intérieur, inébranlable, froid si nécessaire.

Avec ce titre, Adetola ne cherche pas à plaire. Elle construit. Elle pose les bases d’un langage plus tranchant, plus resserré, où chaque silence compte autant que les mots. LIKE ME marque un moment de bascule : celui où la confiance cesse d’être bruyante pour devenir définitive. Une œuvre sombre, maîtrisée, et profondément affirmée.

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Written By
Extravafrench

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