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John Brown rallume la mèche avec « ANTIFA » : un boom bap en état d’alerte maximale

John Brown rallume la mèche avec « ANTIFA » : un boom bap en état d’alerte maximale
  • Publishedjanvier 27, 2026

ANTIFA n’est pas un slogan scandé à la légère : c’est une ligne tracée au sol, un refus net, un battement sec qui appelle à rester debout.

Impossible d’aborder ANTIFA comme un simple morceau de rap. L’écoute provoque une réaction presque réflexe : redresser la posture, tendre l’oreille, accepter l’inconfort. John Brown ne compose pas ici pour accompagner un quotidien distrait, mais pour le percuter. Le titre agit comme un signal d’alarme, volontairement brut, sans détour ni ambivalence.

Chez John Brown, le boom bap redevient un outil politique au sens premier. La production, auto-gérée, refuse toute modernisation cosmétique. Le beat est sec, frontal, presque militaire dans sa rigueur. Les kicks frappent comme des coups de marteau, la boucle tourne sans chercher à séduire. Ce minimalisme assumé laisse toute la place au verbe, au message, à l’urgence.

La voix arrive sans préambule. Pas de mise en scène, pas de storytelling périphérique. John Brown rappe comme on prend position. Le flow est droit, appuyé, parfois presque scandé, rappelant les heures les plus militantes du rap américain. Ici, la colère n’est pas esthétique, elle est fonctionnelle. Elle sert à nommer, à désigner, à dénoncer. Le morceau s’attaque frontalement à l’autoritarisme, à ses symboles, à ses glissements insidieux. Rien n’est suggéré, tout est assumé.

Ce qui frappe, c’est la gravité du ton. ANTIFA ne joue pas la provocation gratuite. Il ne cherche pas à choquer pour exister. Il s’inscrit dans une tradition ancienne du hip-hop comme espace de résistance, comme outil de contre-discours. Le refrain agit comme un mantra guerrier, presque martial, répétitif à dessein. Cette répétition n’a rien d’ornemental : elle sert à ancrer le message, à le rendre mémorisable, transmissible.

Musicalement, le choix du boom bap classique n’est pas nostalgique. Il est stratégique. En revenant à une forme dépouillée, John Brown rappelle que le rap peut encore être un espace de confrontation directe, sans filtre algorithmique, sans esthétique édulcorée. Le morceau sonne presque hors du temps, précisément parce que le sujet, lui, revient cycliquement. L’Histoire bégaie, ANTIFA la regarde droit dans les yeux.

Il y a aussi quelque chose de volontairement inconfortable dans cette écoute. Le morceau ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il divise, il tranche, il oblige à se positionner. Et c’est là que réside sa force. ANTIFA n’est pas conçu pour être consensuel, mais pour rappeler que certaines lignes ne devraient jamais devenir floues.

John Brown ne prétend pas offrir une solution miracle. Il propose un rappel. Une mémoire active. Un refus de la normalisation de la violence politique. En ce sens, le morceau fonctionne autant comme un cri que comme un acte de vigilance. Il s’écoute comme on lit un tract, mais avec le poids émotionnel du son, du rythme, de la voix.

ANTIFA laisse une trace parce qu’il ne cherche pas à arrondir les angles. Un rap sans confort, sans posture marketing, qui remet le militantisme au centre de la forme. John Brown signe ici un titre tendu, radical, nécessaire pour qui considère encore le hip-hop comme un art vivant, capable de répondre frontalement au réel. Une pièce qui dérange, et qui, précisément pour cela, compte.

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Written By
Extravafrench

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