Kickin’ the Sunbeams agit comme un réflexe vital : lever la tête, serrer les dents, et envoyer valser la grisaille à coups de guitares.
Il y a des morceaux qui naissent dans la tension, et d’autres dans l’évasion. Kickin’ the Sunbeams appartient clairement à cette seconde catégorie, mais sans jamais tomber dans la fuite naïve. Chez Pig Iron, l’optimisme se gagne à la force des bras, pas à coups de slogans. Le titre avance avec cette énergie très britannique, mélange de lucidité rugueuse et de chaleur immédiate, comme un ciel qui s’ouvre après plusieurs jours de pluie.
Dès l’attaque, la guitare impose un mouvement franc, presque solaire. Rien d’agressif ici, mais une nervosité contagieuse, héritée autant du rock alternatif des années 90 que de cette tradition anglo-saxonne du refrain fédérateur. La rythmique ne cherche pas à impressionner, elle propulse. On sent un groupe qui joue ensemble depuis longtemps, qui sait exactement où poser l’accent pour que le morceau décolle sans perdre le contrôle.
Kickin’ the Sunbeams parle d’évasion, oui, mais surtout de résistance quotidienne. Celle qui consiste à retomber, encore et encore, puis à se relever. Pig Iron ne romantise pas la difficulté : ils la regardent en face, puis la contournent par l’élan collectif. La chanson respire cette envie simple mais essentielle de s’extraire du poids du réel, même temporairement. Une pause, un sourire, un riff qui rappelle pourquoi on continue.
La production reste volontairement directe. Pas de couches inutiles, pas d’effets tape-à-l’œil. Tout est pensé pour servir l’énergie. Les guitares sonnent claires et franches, la basse soutient sans écraser, la batterie maintient un tempo qui donne envie d’avancer, de marcher plus vite, de rouler vitres ouvertes. Cette sobriété renforce le sentiment d’authenticité : Pig Iron ne joue pas un rôle, il joue ce qu’il est.
Ce qui frappe aussi, c’est le ton résolument lumineux du morceau, presque inattendu pour un groupe souvent associé à des racines plus lourdes. Ici, l’héritage 90s se mêle à une écriture plus pop-rock, plus immédiate, avec des clins d’œil discrets à cette époque où les guitares savaient être joyeuses sans être creuses. Kickin’ the Sunbeams assume pleinement cette dimension feel-good, sans jamais perdre sa crédibilité.
Le morceau fonctionne comme un rappel essentiel : l’amour, au sens large, reste le carburant le plus fiable. Pas besoin de grandes déclarations, juste cette certitude tranquille que quelque chose nous ramène toujours debout. Pig Iron réussit à transformer cette idée en énergie sonore, en une chanson qui donne envie de relancer la machine plutôt que de l’arrêter.
Au final, Kickin’ the Sunbeams n’est pas un manifeste, ni une révolution. C’est mieux que ça : un morceau qui redonne de l’élan, qui remet du mouvement là où tout semblait figé. Pig Iron signe ici un titre sincère, énergique, profondément humain, capable de rallumer un peu de lumière sans jamais forcer l’ampoule. Un rock qui n’explique pas comment aller mieux, mais qui vous accompagne pendant que vous essayez.
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