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Music Rock

Quand une voix d’Oakland fissure l’Histoire officielle : Omnesia est de retour avec « One Soul’s Story »

Quand une voix d’Oakland fissure l’Histoire officielle : Omnesia est de retour avec « One Soul’s Story »
  • Publishedfévrier 9, 2026

« One Soul’s Story » n’essaie pas de convaincre, il insiste doucement, jusqu’à ce que l’évidence devienne intime.

Il y a ce moment précis, presque imperceptible, où l’on cesse d’écouter un titre pour commencer à l’habiter. One Soul’s Story agit exactement à cet endroit-là. Pas d’entrée fracassante, pas de geste spectaculaire : le morceau s’installe comme une présence dans la pièce, puis ne vous quitte plus. Omnesia ne cherche pas à séduire. Le duo impose un climat, une respiration, une lente mise à nu.

Né à Oakland, ce projet avance à contre-courant de l’obsession contemporaine pour l’efficacité immédiate. Ici, tout est question de chair et de temps. La rythmique, enregistrée en prise collective, sans filet métronomique, respire. On sent les musiciens se regarder, s’ajuster, accepter les micro-dérapages comme autant de preuves de vie. Cette absence de click n’est pas un caprice esthétique : c’est un manifeste discret. La musique n’est pas alignée, elle est humaine.

Au cœur du morceau, Medella Kingston déploie une voix multiple, stratifiée, presque chorale. Chaque couche semble raconter une version légèrement différente d’un même récit. Le chant n’est ni frontal ni démonstratif ; il s’infiltre. Androgyne, souple, parfois fragile, parfois souverain, il brouille les frontières entre intime et collectif. On ne sait plus très bien si l’on écoute une confession ou une déclaration universelle. C’est précisément dans ce flou que One Soul’s Story trouve sa force.

Les guitares de M2 ne cherchent jamais à briller. Elles dessinent des lignes familières, presque rassurantes, rappelant une certaine mémoire new wave et rock des années 80, sans jamais tomber dans la citation facile. Les claviers, eux, étirent l’espace, ouvrent des perspectives, comme si le morceau regardait constamment au-delà de lui-même. Omnesia parle souvent de futur vintage : ici, cette idée prend forme. Une musique qui semble avoir traversé plusieurs époques sans jamais se fixer.

Ce qui frappe, au fond, c’est la posture morale du titre. One Soul’s Story refuse le récit héroïque. Il préfère l’ordinaire, le discret, le presque invisible. Il rappelle que l’Histoire ne se construit pas seulement à coups de figures emblématiques, mais par l’addition de vies minuscules, souvent oubliées. Une idée simple, presque naïve, mais portée avec une telle sincérité qu’elle en devient bouleversante.

Omnesia signe ici un morceau qui ne s’écoute pas en diagonale. Il exige une disponibilité émotionnelle, une forme d’abandon. En retour, il offre quelque chose de rare : le sentiment d’être reconnu dans sa propre complexité. One Soul’s Story n’est pas un slogan. C’est une main tendue, lente et insistante, dans le bruit du monde.

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Written By
Extravafrench

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