“Tympanis” hurle comme une vérité qui revient la nuit, et Jacob The Horse transforme la parano post-rupture en riff désertique pour stade en feu.
Tympanis, c’est le mot qui claque comme une alarme interne. Et le morceau fait exactement ça : il te réveille en sursaut, même si tu fais semblant d’aller bien. Jacob The Horse attrape l’indie-punk par le col et l’entraîne dans un désert de rock musclé, quelque part entre l’obsession riff de Queens of the Stone Age et la frappe carrée, presque héroïque, d’une batterie à la Foo Fighters. Quatre temps, pas d’échappatoire : le sol tremble, et toi tu avances.
Le plaisir immédiat, c’est cette dynamique de guitare qui sait être accrocheuse sans être polie. Les riffs arrivent comme des flashs de mémoire, des images qui n’ont pas demandé la permission pour réapparaître. La voix, elle, n’est pas “chantée” au sens confortable du terme : elle est expulsée. Pas une démonstration de force gratuite, plutôt une manière de dire que le corps n’a plus de filtre quand la tête tourne en boucle.
“Tympanis” a ce truc rare : la violence sonore n’écrase pas l’émotion, elle la rend lisible. Derrière le mur de guitares, on entend la panique se figer, l’autodégoût qui colle aux doigts, et cette suspicion idiotement humaine qui s’invite après une rupture — les détails absurdes qui deviennent preuves, les parfums qui deviennent interrogatoires, le cerveau qui joue au détective alors qu’il est juste en manque. Le texte a des images de cinéma sale, un Russ Meyer fantasmé version punk moderne : sensualité, menace, ridicule et tragédie mélangés dans le même shaker.
Techniquement, tout est pensé pour le live. Le morceau est une rampe de lancement : couplets qui serrent la vis, refrains qui ouvrent la cage thoracique. On imagine facilement la scène à Long Beach, la sueur, la foule qui reprend les hooks comme un chœur de survivants. Ce n’est pas seulement “énergique”, c’est fédérateur, un chaos qui rassemble.
Et c’est là que Jacob The Horse devient intéressant : ils savent écrire des chansons qui font pogoter et réfléchir en même temps. La rage n’est pas un costume, c’est un système nerveux. “Tympanis” te donne envie de sauter, puis te laisse avec un arrière-goût de vérité. Comme si le désert, au fond, n’était pas dehors, mais dans la tête — et que ce morceau venait d’y planter un drapeau.
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