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Molly Mogul sur “100 Things (That I’ve Been Meaning To Say)” ou la confession nocturne d’une artiste nomade

Molly Mogul sur “100 Things (That I’ve Been Meaning To Say)” ou la confession nocturne d’une artiste nomade
  • Publishedfévrier 17, 2026

“100 Things (That I’ve Been Meaning To Say)” révèle Molly Mogul dans toute sa fragilité magnétique, entre clair-obscur intime et tension alt-pop contemporaine.

“100 Things (That I’ve Been Meaning To Say)” ressemble à une lettre qu’on n’ose jamais envoyer. Une liste mentale, griffonnée dans le noir, qui finit par déborder. Molly Mogul n’écrit pas pour combler le vide : elle cartographie l’inconfort. Et dans cette cartographie, chaque silence compte autant que les mots.

La production avance à pas feutrés. Un minimalisme presque suspendu, nappes sombres, pulsation discrète, comme un cœur qui hésite à accélérer. On sent l’influence d’une scène alternative britannique qui a appris à faire danser la mélancolie sans la travestir. Mais Molly Mogul ne cite pas, elle absorbe. Son parcours nomade — de l’Allemagne à Bristol, de Barcelone à Paris — infuse dans la texture même du morceau. Il y a quelque chose de mouvant, d’insaisissable, dans la manière dont la chanson se déploie.

La voix, surtout, frappe par sa proximité. Elle ne surjoue rien. Elle chuchote presque certaines vérités, puis laisse filtrer une intensité plus crue, comme si l’émotion débordait malgré elle. Ce qui me touche personnellement, c’est cette capacité à faire exister le doute sans le dramatiser. “100 Things…” ne cherche pas la catharsis explosive. Elle préfère la tension lente, la montée intérieure.

Techniquement, la structure évite la facilité. Pas de refrain écrasant destiné à cocher la case pop. À la place, une progression subtile, un élargissement progressif de l’espace sonore. Les couches électroniques s’ajoutent comme des pensées qui s’accumulent. À mesure que le morceau avance, on ressent une pression douce mais constante, celle des choses retenues trop longtemps.

Dans un paysage dark pop souvent saturé d’esthétiques interchangeables, Molly Mogul propose autre chose : une vulnérabilité réfléchie, presque performative, mais jamais froide. “100 Things (That I’ve Been Meaning To Say)” n’est pas un exutoire spectaculaire. C’est un aveu contrôlé, une lumière tamisée qui éclaire les angles morts.

Et au bout du compte, ce ne sont peut-être pas cent choses qui importent. Juste une : oser les dire.

Pour découvrir plus de nouveautés POP, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAPOP ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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