« BOOGIE B de BiggY BozZzY réinvente le disco-funk à la française, entre spleen des banlieues ouest et énergie solaire prête à embraser les clubs. »
Ça commence comme un clin d’œil insolent. Une basse rebondissante, presque élastique, qui attrape l’oreille avant même que le cerveau n’ait le temps d’analyser. BOOGIE B ne demande pas la permission : il s’invite, il ondule, il impose son swing avec ce mélange de nonchalance et d’assurance qui sent la voiture décapotable un soir d’été sur le périph.
BiggY BozZzY annonce la couleur : « pas West Coast, mais western suburbs, Paris ». Tout est là. Une mythologie américaine digérée depuis les parkings franciliens, filtrée par une sensibilité française qui refuse la copie conforme. Le morceau rend hommage à l’ère disco/boogie funk sans tomber dans la reconstitution vintage. Ce n’est pas un musée, c’est un laboratoire. On entend l’ombre de Pharrell et des Neptunes dans la précision rythmique, une audace à la Tyler, The Creator dans les choix harmoniques, et cette élégance un peu détachée qui rappelle la French Touch période Ed Banger. Mais BOOGIE B reste profondément ancré dans son territoire.
La production joue sur les contrastes : nappes scintillantes, guitare funk nerveuse, batterie qui claque avec un groove quasi organique. Ça bounce, oui, mais avec une pointe de mélancolie sous-jacente. Cette tristesse légère qui rend la fête plus intense. BiggY BozZzY rappe en français avec un phrasé qui épouse la rythmique sans la surcharger. Il glisse sur l’instrumental comme sur un parquet ciré, précis, joueur, jamais démonstratif.
Ce qui me frappe, c’est cette capacité à conjuguer l’épique et l’intime. BOOGIE B pourrait tourner en boucle dans un club funk saturé de lumière, mais il fonctionne tout autant en bande-son d’un trajet nocturne, vitres baissées, pensées en vrac. Il y a une dramaturgie discrète dans l’arrangement, une montée en puissance qui ne cherche pas l’explosion mais l’endurance.
À l’heure où beaucoup recyclent les esthétiques 80’s en surface, BiggY BozZzY creuse plus loin. Il ne cite pas le disco pour faire joli, il l’habite. BOOGIE B transpire l’amour du groove, mais aussi une vision : celle d’un funk alternatif francophone qui assume ses références globales tout en revendiquant ses racines locales. Sous la boule à facettes, la banlieue danse. Et elle danse avec panache.
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