« Virtually Free » d’Ian Roland replace la connexion humaine au centre du tumulte numérique, porté par une écriture intemporelle et une production organique.
Brighton n’a jamais cessé d’engendrer des songwriters qui préfèrent la nuance au vacarme. Ian Roland appartient à cette lignée. « Virtually Free » avance sans effet de manche, mais avec une assurance tranquille. Dès les premières mesures, la guitare 12 cordes Guild ouvre un espace ample, presque lumineux, comme une fenêtre entrouverte sur la mer. Le piano droit vient s’y poser avec une délicatesse qui rappelle les grandes heures d’un folk britannique contemplatif, tandis que la batterie, jouée sans artifice, ancre le tout dans une matière tangible.
Ce qui frappe, c’est la sensation d’intemporalité. On comprend les comparaisons flatteuses – Paul Simon pour l’élégance mélodique, Fleet Foxes pour la chaleur chorale, Nick Drake pour la pudeur – mais Ian Roland ne se contente pas de citer. Il absorbe. Son écriture glisse entre introspection et regard social, questionnant ce qui est réel, ce qui ne l’est plus, et cette étrange liberté que nous croyons conquérir derrière les écrans.
« Virtually Free » explore cette frontière fragile entre illusion et ancrage. La liberté, ici, n’est pas un slogan. Elle se redéfinit à travers le lien humain, la communauté, l’amour comme refuge concret. Le refrain ouvre, respire, puis se resserre comme pour rappeler que toute émancipation passe par l’autre.
Enregistré aux Brighton Road Recording Studios, le morceau respire l’authenticité. La production signée Jake Skinner, co-pilotée par Roland, privilégie la texture à la brillance. On entend les peaux de batterie vibrer, le bois du piano résonner, les cordes frémir sous les doigts. Rien n’est surpolishé. Tout est incarné.
Il y a une forme de courage tranquille dans ce choix. À l’heure où la pop sature de traitements numériques, Ian Roland revendique la chair des instruments et la chaleur d’une prise collective. Dave Coomber à la basse, James Chapman à la batterie, Mishkin Fitzgerald aux claviers enrichissent le titre sans jamais l’alourdir.
« Virtually Free » ne cherche pas à impressionner. Il cherche à relier. Et dans ce monde fragmenté, cette ambition simple devient presque radicale. Ian Roland signe un premier chapitre 2026 d’une élégance rare, où la modernité passe par le retour à l’essentiel : une mélodie forte, des mots justes, et l’envie sincère de tendre la main.
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