“67 Anthem (Rage Trap)” propulse le mantra “6-7” dans une arène distordue où l’énergie prime sur toute logique.
Changement de décor. Là où la version afrobeats jouait la carte du groove solaire, cette déclinaison rage trap arrive comme un uppercut digital. Dès les premières secondes, les 808 débordent, saturées à la limite de la rupture. On n’est plus dans la suggestion, on est dans l’impact. Brut, frontal.
La batterie frappe vite, presque nerveusement. Les hi-hats mitraillent, les kicks cognent comme des notifications en surchauffe. On reconnaît l’esthétique rage, héritière d’une trap qui a absorbé l’hyperpop et les codes de l’internet culture. Ici, le son n’est pas poli. Il est compressé, distordu, volontairement abrasif. Une esthétique du chaos contrôlé.
Ce qui m’a marqué, c’est la manière dont le chant “6-7” fonctionne différemment dans ce contexte. Sur la version afrobeats, il vibrait comme un slogan estival. Ici, il devient cri de ralliement. Presque un glitch humain. Répété, scandé, martelé, il s’imprime dans le cerveau comme une boucle algorithmique. On sent l’influence des mosh pits virtuels, des streams gaming, des playlists conçues pour l’adrénaline.
La structure est concise, sans respiration superflue. Peu de temps mort, pas de détour narratif. Tout converge vers le hook. Certains puristes pourraient regretter l’absence de développement lyrique plus poussé. Mais ce serait passer à côté de l’intention : la rage trap privilégie la sensation brute à la narration sophistiquée. Le corps avant l’analyse.
Cinematic Jams montre ici une compréhension fine des dynamiques actuelles. Adapter un même concept à plusieurs univers sans perdre son identité demande une vraie vision. Cette version radicalise le propos : plus agressive, plus directe, plus Gen Z dans son ADN.
“67 Anthem (Rage Trap)” n’est pas un morceau que l’on écoute passivement. Il s’expérimente. Volume élevé, battements accélérés, énergie collective. C’est une collision entre culture web et culture club, entre hype instantanée et répétition obsessionnelle. Un exutoire calibré pour ceux qui veulent ressentir plutôt que réfléchir.
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