x
Music Pop Rock

Omnesia revient avec “Future Vintage” : 17 titres mutants, trois reprises subversives et un son qui accroche l’âme

Omnesia revient avec “Future Vintage” : 17 titres mutants, trois reprises subversives et un son qui accroche l’âme
  • Publishedfévrier 24, 2026

Avec “Future Vintage”, Omnesia signe un disque kaléidoscope où chaque morceau change de costume, de décennie et de combat sans jamais perdre son venin pop-rock.

Je l’avoue : j’ai écouté “Future Vintage” comme on traverse une fête clandestine dans un ancien entrepôt d’Oakland, pièce après pièce, sans savoir sur quel monde on va tomber. Omnesia ne construit pas un album, ils orchestrent une dérive. Medella Kingston et M2 refusent la ligne droite. Leur musique bifurque, tangue, séduit, provoque. C’est du rock qui s’habille en synthétique, de l’électropop qui transpire la sueur live, du prog qui cligne de l’œil à la new wave.

“Days and Nights” m’a happé d’emblée. Batterie captée dans un espace brut, basse tendue, voix androgyne qui flotte entre fragilité et défi. On sent le grain des murs, la respiration du groupe. À l’opposé, “Dreaming Void” ouvre un portail cosmique : synthés en nappes profondes, piano spectral, basse fretless qui glisse comme une comète. Là, Omnesia s’autorise une ambition quasi cinématographique, presque science-fictionnelle.

“Dangle” injecte une dose de funk métallique décomplexé, presque obscène dans sa jubilation rythmique. C’est sexuel, ironique, théâtral. Puis “Bigger Than” et “One Soul’s Story” reviennent à une forme de lyrisme ample, porté par une section rythmique organique et des claviers lumineux, comme si le groupe cherchait à prouver qu’il peut aussi écrire des hymnes sans perdre sa singularité.

Le sommet politique reste “Heroes + Legends”. Ici, la danse devient acte de résistance. Sous les couches synthétiques et la pulsation club, il y a une colère maîtrisée, une célébration queer qui ne demande pas la permission. Ce titre dépasse le simple cadre pop : il agit comme une archive vivante, un cri transformé en groove.

Les trois reprises ne sont pas des clins d’œil nostalgiques mais des détournements assumés. “Dirty Love” de Frank Zappa se mue en carnaval décadent, plus frontal, presque camp. “Back in NYC” de Genesis est rethéâtralisé, tendu, injecté d’une énergie glam futuriste. “Double Suicide (Mercy Killing)” de Versus, plus abrasive, installe une tension post-hardcore qui tranche avec les élans plus dansants du reste du disque.

Ce qui me fascine, c’est la coexistence du live sans filet et de la production numérique chirurgicale. Certaines pistes sont captées en prise directe, sans click track, d’autres construites dans le laboratoire de M2. Analogique et digital se répondent comme deux époques qui refusent de s’exclure.

“Future Vintage” ne cherche pas l’unité, il revendique la multiplicité. Omnesia ne veut pas être un genre. Ils préfèrent être un carrefour. Et dans ce carrefour, on croise des fantômes du passé, des visions du futur et une énergie très contemporaine : celle d’artistes qui refusent de rentrer dans la case qu’on leur tend.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

Laisser un commentaire

En savoir plus sur EXTRAVAFRENCH

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture