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Tita Nzebi dévoile “Réminiscence” : le sortilège nzebi qui te recolle le cœur à la mémoire

Tita Nzebi dévoile “Réminiscence” : le sortilège nzebi qui te recolle le cœur à la mémoire
  • Publishedfévrier 24, 2026

Réminiscence, signé Tita Nzebi, transforme la nostalgie en carburant et la dignité en percussion — un disque qui ne se contente pas d’émouvoir, il répare l’écoute.

Je l’avoue : j’ai lancé Réminiscence comme on entrouvre une porte qu’on n’est pas sûr de vouloir franchir. Parce que “mémoire”, “devoir”, “héritage”… sur le papier, ça sent parfois le discours bien repassé. Sauf qu’ici, rien n’est repassé. Tout est vivant, nerveux, organique. Tita Nzebi ne te parle pas depuis une estrade : elle te parle depuis le sol, là où les histoires s’impriment, là où les corps se souviennent avant les têtes.

Ce qui saisit d’abord, c’est la langue. Le nzebi ne sert pas de texture exotique qu’on saupoudre pour faire voyager les playlists : c’est une colonne vertébrale. Ça change la façon dont le rythme se construit, ça sculpte les attaques, ça installe une musicalité qui te décentre doucement, comme si tes repères habituels glissaient d’un cran. Et ce décalage-là, ce petit vertige, c’est déjà une proposition politique : écouter autrement, c’est déjà vivre autrement.

Réminiscence (le titre) fait l’effet d’un seuil : un espace où la musique ne remplit pas, elle révèle. On sent un soin presque tactile dans les arrangements, une manière de laisser de l’air entre les éléments pour que chaque son ait une ombre, une température. Cette maîtrise n’a rien de froid : c’est du contrôle émotionnel, pas du contrôle marketing. Tita Nzebi sait exactement quand appuyer, quand retirer la main, quand laisser l’écho terminer la phrase.

J’ai été happé par la façon dont l’album articule l’intime et le collectif sans jamais forcer la couture. BA’ATE, par exemple, porte une sagesse qui ressemble à une phrase de mère qu’on n’a comprise qu’en vieillissant : les humains se heurtent, se cognent, se froissent, mais ne se brisent pas forcément. C’est simple, oui, mais c’est de la simplicité qui a traversé des saisons. À l’inverse, NZEMBI ouvre une verticale, une respiration spirituelle qui n’a rien d’un décor “symphonique” posé pour faire beau : c’est une montée intérieure, une manière de dire que la foi, parfois, c’est juste une pause accordée au chaos.

Et puis il y a ces moments où l’album regarde la société droit dans les yeux. Etc. parle d’exemple, de transmission, de ce qu’on lègue malgré soi — cette violence douce des habitudes adultes qui fabriquent les enfants. 31 AOÛT, lui, n’exhibe pas le drame : il en montre l’après, la zone muette, l’endroit où le silence devient un document.

Ce que j’emporte de Réminiscence, c’est cette sensation rare : un disque qui ne “raconte” pas la mémoire, il la met en mouvement. Tita Nzebi ne fait pas une carte postale de ses racines, elle construit une passerelle. Et sur cette passerelle, on avance sans se rendre compte qu’on est en train de se réaccorder — à soi, aux autres, à ce qui nous dépasse. C’est beau, oui. Mais surtout, c’est nécessaire.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

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Extravafrench

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