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Jeremie Soyan dépose « Miseducation of a Saint Boy » et le saint boy en question n’a plus rien d’innocent

Jeremie Soyan dépose « Miseducation of a Saint Boy » et le saint boy en question n’a plus rien d’innocent
  • Publishedmars 12, 2026

Jeremie Soyan construit avec « Miseducation of a Saint Boy » un miroir à quatre faces où chaque titre révèle une fracture de plus dans l’image du garçon sage qu’il prétendait être.


Quatre titres, dix minutes vingt. Jeremie Soyan, né en Guadeloupe, arrivé en métropole en 2019 avec ses études sous le bras et sa musique dans la tête, n’a pas fait un EP. Il a construit un récit d’émancipation intime, une déconstruction méthodique du personnage qu’on lui avait assigné ou qu’il s’était lui-même imposé. Le « saint boy » du titre n’est pas une figure religieuse : c’est cette image lisse et convenable qu’on projette sur les enfants sages, sur ceux qui ne font pas de bruit, avant que la réalité ne vienne tout compliquer.

« Saint-Louis » ouvre le bal en introduction, posant les fondations géographiques et émotionnelles de ce qui suit. Guadeloupe, origines, point de départ d’une trajectoire qui va se complexifier à mesure que les titres s’enchaînent. Ce premier morceau d’1 minute 36 fonctionne comme un prologue de cinéma : il établit le décor, présente le personnage dans son état initial, avant que la miseducation annoncée dans le titre ne commence vraiment à faire son œuvre.

« Cœur Wanted » arrive ensuite avec toute la brutalité feutrée du harcèlement scolaire transformé en pop-rap. Ce titre sorti en premier single en septembre dernier porte la marque d’un auteur qui n’écrit pas pour impressionner mais pour témoigner, cette qualité rare des artistes formés dans l’ombre, sur Bandlab et SoundCloud, sans filet et sans calcul. La mélodie accroche là où le texte dérange, et cette tension est exactement ce qui rend « Cœur Wanted » difficile à oublier.

« Sors Le Pistol » bascule vers un rap plus frontal, plus charnel, avec cette métaphore de voyage spatial qui emballe une relation toxique dans de l’imaginaire pour mieux en révéler l’intensité. La comparaison est juste : l’espace comme territoire d’attraction et de destruction simultanées, comme une relation qui consomme tout l’oxygène disponible avant de vous laisser en apesanteur, sans point d’ancrage.

« You & I, Hell » ferme le cycle avec une fusion indie pop rock et rap qui dit la fin, l’épuisement, le moment où le personnage du saint boy a définitivement compris que la transformation extérieure qu’on voit dans les visuels ne garantit rien sur ce qui se passe à l’intérieur. Ce contraste entre apparence et intériorité que Soyan revendique comme axe central de son projet trouve ici sa résolution la plus honnête : pas de réconciliation propre, juste un constat lucide et une voix qui continue de raconter malgré tout.

Jeremie Soyan a trouvé dans la musique ce que les mots seuls ne lui suffisaient pas à exprimer, dit-il lui-même. « Miseducation of a Saint Boy » prouve qu’il a trouvé les deux.

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Written By
Extravafrench

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