« The Crack in my Heart » par Cosmic Anxiety prouve qu’une fissure dans le cœur peut devenir, entre de bonnes mains et un Synthstrom Deluge, quelque chose d’étrangement lumineux.
Clash Clash Bang Bang s’est séparé en 2025 et de ses ruines, Eli et Gasher ont décidé de construire autre chose. Pas une continuation, pas une version édulcorée de ce qui existait avant : un nouveau territoire, plus synthétique, plus introspectif, plus honnête aussi. Cosmic Anxiety n’est pas un nom choisi au hasard par des gens qui voulaient sonner intéressants. C’est un diagnostic posé par deux artistes queer et gender questioning qui ont décidé de transformer leur vie intérieure en fréquences, sans filtre algorithmique et sans intelligence artificielle pour lisser les aspérités.
Ce détail compte. Dans un paysage musical de plus en plus saturé de productions AI-assisted qui gomment l’accident créatif, l’imparfait, le vivant, Cosmic Anxiety revendique le contraire : le Synthstrom Deluge comme instrument de prédilection, cet outil de production modulaire qui exige une présence physique et une intuition humaine, et Studio Ganymed à Berlin pour une seule soirée d’enregistrement. L’urgence de cette session nocturne est inscrite dans le son.
La genèse de « The Crack in my Heart » dit beaucoup sur la dynamique du duo. Gasher compose l’instrumental, le montre à Eli. Eli est immédiatement touché, les paroles arrivent presque seules, comme une réponse émotionnelle directe à ce que les synthés venaient de raconter. Cette façon de travailler, cette transmission d’une émotion d’un instrument vers une voix sans passer par l’intellect, produit quelque chose qu’on reconnaît instinctivement à l’écoute : une cohérence interne rare, l’impression que les mots et la musique ont toujours appartenu ensemble.
Les années 80, 90 et Y2K comme influences revendiquées, mais avec ce que Cosmic Anxiety appelle « un tournant moderne » : on entend effectivement cette tension entre la nostalgie des synthés analogiques et une sensibilité contemporaine dans le traitement des textures et des dynamiques. Le morceau porte ses cicatrices visibles, cette fissure annoncée dans le titre se manifeste dans les arrangements comme une ligne de fracture qu’on n’essaie pas de réparer.
« Nous avons commencé ce groupe comme une thérapie et peut-être qu’il finira révolutionnaire. » Entre ces deux promesses, « The Crack in my Heart » se tient exactement là où les meilleures chansons vivent : dans l’espace fragile entre ce qu’on ressent et ce qu’on ose dire.
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