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Au coeur du chaos, Shub et Natasha Fisher trouvent l’oeil du cyclone avec « Eye of the Storm »

Au coeur du chaos, Shub et Natasha Fisher trouvent l’oeil du cyclone avec « Eye of the Storm »
  • Publishedmars 19, 2026

« Eye of the Storm » est le morceau que Shub n’aurait pas pu écrire avant aujourd’hui : il fallait toute une vie de pionnier, une voix comme celle de Natasha Fisher, et la sagesse de savoir que le calme au coeur de la tempête n’est pas une faiblesse mais la chose la plus courageuse qui soit.


Une laverie automatique. Des machines qui tournent. Le cycle qui recommence, l’eau qui nettoie, les taches qui partent ou pas. Shub et Natasha Fisher ont choisi ce décor ordinaire pour filmer « Eye of the Storm », et ce choix dit tout sur la façon dont ce morceau comprend la transformation : non pas comme un événement spectaculaire, mais comme une série de décisions quotidiennes, répétées, invisibles pour tout le monde sauf pour celui qui les prend.

Shub s’appelle désormais simplement Shub, sans le DJ devant. Ce glissement sémantique n’est pas anodin chez quelqu’un qui a passé une décennie à redéfinir ce que peut être un artiste issu des communautés autochtones canadiennes. Ancien membre de A Tribe Called Red, lauréat JUNO, fondateur du Powwow Step, ce genre né de la découverte que le dubstep tournait à 140 BPM comme les chants de grass dance : sa biographie est un roman de formation électronique que peu d’artistes pourraient revendiquer avec autant de cohérence.

Ce que « Eye of the Storm » révèle, c’est une nouvelle facette de cette cohérence. Le tambour traditionnel à main pose les fondations avec cette autorité tranquille des choses qui n’ont pas besoin de se justifier : il est là, il pulse, il ancre tout le reste dans quelque chose de plus ancien que les genres auxquels Shub l’associe. Le R&B contemporain, le post-dubstep, les influences UK garage, les textures indie pop : toutes ces couches arrivent par-dessus cette fondation comme des strates géologiques, chacune reconnaissable, aucune ne dominant les autres. C’est une production qui pense en termes d’héritage autant qu’en termes d’innovation, et Heritage est exactement le bon titre pour l’album qui contient ce morceau.

Natasha Fisher n’est pas venue poser une voix sur une prod toute faite. Elle est venue avec sa propre histoire : la sobriété retrouvée, les traumatismes traversés, ces moments de clarté qui surgissent au coeur des périodes les plus sombres et qui guident les décisions nécessaires à la survie. L’oeil du cyclone comme elle le décrit, c’est cet endroit de calme absolu au centre de la tempête, ce lieu où l’intuition reprend ses droits sur le chaos environnant. Sa voix porte tout ça avec une honnêteté qui rend le morceau physiquement présent : on ne l’observe pas de loin, on y est dedans, dans la laverie, dans le cycle, dans la décision de recommencer.

Vice, Complex, The Hype Magazine : les éloges viennent de partout depuis des années, mais « Eye of the Storm » semble marquer quelque chose de différent dans la trajectoire de Shub. Moins démonstratif, plus intérieur, d’une profondeur émotionnelle qui dépasse la prouesse de genre pour atteindre quelque chose d’universellement humain.

Heritage Part Two arrive en mai. Si ce morceau en est l’avant-goût, l’album complet mérite toute l’attention qu’on peut lui accorder.

Les cycles peuvent être brisés. Les taches peuvent partir. Et dans le calme de l’oeil du cyclone, on comprend enfin comment avancer.

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Written By
Extravafrench

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