« Immortal » est née dans une salle de gym un jour ordinaire : Scarlett Macfarlane attendait, et l’évidence est arrivée. Elle n’avait pas encore écrit la chanson qui lui ressemblait vraiment. Alors elle l’a écrite.
Scott Jacoby a produit des disques qui ont changé des carrières. Quand il retravaille le chorus d’« Immortal » pour le faire tomber en demi-temps, quelque chose bascule dans la chanson comme une clé qui trouve enfin sa serrure. Scarlett Macfarlane l’entend et reconnaît ce qu’elle cherchait depuis le début : cet impact-là, celui de Queen dans « We Will Rock You », cette façon qu’ont certains chorus de ne pas simplement arriver mais de s’abattre sur vous avec le poids de quelque chose d’inévitable.
Ce moment de production dit tout sur la façon dont « Immortal » a été conçue : pas comme un calcul de marché, pas comme une case à cocher dans une stratégie de positionnement alt-pop, mais comme une nécessité physique. Scarlett s’entraîne, elle cherche dans sa discographie quelque chose qui corresponde à l’énergie de ces moments où le corps se dépasse, et réalise que ce morceau n’existe pas encore. Alors elle l’écrit, en sortant du gym ou peut-être en attendant, et cette urgence-là infuse chaque mesure du résultat final.
La trajectoire de Scarlett Macfarlane est celle de quelqu’un qui a fait le tour des formats avant de trouver le sien. Productions pop clinquantes dans l’adolescence, frontwomane d’un groupe rock à l’angst assumé : deux écoles radicalement différentes qui ont déposé en elle des sédiments que « Immortal » ressort simultanément. Les synthés industriels donnent au morceau son tranchant contemporain, les fondations rock lui confèrent cette architecture osseuse qui résiste là où la pop seule s’évapore, et les voix superposées dans les pré-chorus créent une atmosphère presque surnaturelle, comme si plusieurs versions d’elle-même chantaient en même temps depuis des endroits différents du temps.
L’immortalité dont parle Scarlett n’est pas celle des dieux ni des vampires : c’est celle de l’essence, cette conviction que ce qu’on crée et ce qu’on est résiste à tout ce qui tente de nous effacer. L’essentialisme de la formule pourrait sonner creux dans d’autres bouches, mais chez quelqu’un qui a attendu des années avant de parler vraiment en son propre nom, elle sonne comme une vérité gagnée de haute lutte.
« Immortal » est une chanson pour les walk-out moments, pour les scènes de final-boss, pour ces secondes précises où l’on décide que ça suffit et qu’on revient se battre. Scarlett Macfarlane ne l’a pas écrite pour tout le monde. Elle l’a écrite pour elle, ce qui est exactement la raison pour laquelle elle appartient à tout le monde.
Le poing dans l’air. Maintenant.
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