« Uri Kure » signifie « tu es loin » en Shona : LUJANO et LonelyBrothers ont transformé l’absence en présence collective, et c’est précisément ce miracle-là que l’Afro House réussit mieux que n’importe quel autre genre.
Vingt et un ans, vénézuélien, signé sur Warner entre autres : LUJANO n’a pas le profil habituel du producteur d’Afro House, et c’est peut-être exactement pour ça que « Uri Kure » sonne comme il sonne. Quand on vient de loin pour parler de distance, ça change quelque chose dans la façon dont les mots et les rythmes s’assemblent.
Le titre porte sa signification comme une plaie ouverte, discrète mais persistante. En Shona, « Uri Kure » : tu es loin. Pas une rupture, pas un cri, juste cette constatation douce-amère qui résume à elle seule toute une géographie émotionnelle. LUJANO et LonelyBrothers ont eu l’intelligence de ne pas illustrer littéralement ce sentiment : ils l’ont traduit en groove, en texture, en cette pulsation hypnotique qui creuse son sillon lentement, patiemment, avec la certitude que le corps finira par comprendre ce que les mots ne savent pas toujours dire.
La production se construit par couches successives, sans jamais chercher le pic artificiel ni la montée obligatoire. Les percussions tribales forment une colonne vertébrale organique autour de laquelle les éléments mélodiques gravitent avec une légèreté calculée. Les synths arrivent comme des signaux lointains, des présences fugitives qui réchauffent l’espace sans le saturer. C’est une musique qui fait confiance à la répétition, qui sait que l’hypnose ne se décrète pas mais s’installe.
Afroholic Records, le label de Nitefreak, n’édite pas par hasard : chaque release s’inscrit dans une vision cohérente de l’Afro House comme langage universel, pont entre l’Afrique et les dancefloors du monde entier.
« Uri Kure » construit ce pont note par note. Et quelque part dans le groove, la distance disparaît.
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