« Disco Desire » sent Ibiza le matin et Berlin la nuit : SúperRatón y réconcilie deux mondes que tout oppose et prouve que l’organique et l’électronique ont toujours eu quelque chose à se dire.
Quand on s’appelle SúperRatón, qu’on dirige BalearicFreaks Records depuis Berlin tout en gardant un œil sur Ibiza, on a forcément une vision particulière de ce que la musique électronique peut être quand elle refuse de choisir son camp. « Disco Desire » est le produit parfait de cette double appartenance : un morceau instrumental qui parle couramment deux langues sans accent dans aucune des deux.
Le titre annonce la couleur avec une franchise désarmante. Le désir disco est là, palpable dès les premières mesures : cette façon qu’ont les lignes de basse de rouler avec une sensualité fonctionnelle, ce groove qui ne martèle pas mais qui ondule, cette mémoire corporelle du dancefloor des années 70 réinjectée dans une structure tech house contemporaine. SúperRatón ne fait pas de la nostalgie : il prélève ce qui fonctionne toujours et le recontextualise avec la précision d’un producteur qui sait exactement pourquoi certaines fréquences font lever les bras.
Ce que l’artiste appelle l’Organic Deep Tech, son signe distinctif revendiqué, prend tout son sens ici. Les textures respirent différemment que dans la production électronique standard : il y a des imperfections calculées, des aspérités chaleureuses qui empêchent le morceau de sonner froid malgré sa structure rigoureuse. C’est la marque des producteurs qui ont autant appris de la nature que des machines.
Instrumental de bout en bout, « Disco Desire » n’a besoin d’aucune voix pour raconter ce qu’il veut raconter. Le groove est suffisamment éloquent.
Certains morceaux parlent. Celui-ci, lui, fait bouger. Et c’est souvent plus difficile à réussir.
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