Baby Ali n’a pas sorti deux singles au hasard : « Nowadays » et « Soft Crash » sont les deux faces d’un même univers nocturne, psychédélique et hanté, celui d’un artiste qui sait exactement où il va.
Baby Ali vient du New Jersey, travaille depuis Orange County, et quelque part entre ces deux côtes, il a développé un son qui ne ressemble vraiment qu’à lui : braggadocieux et psychédélique, sombre et séduisant, avec cette façon particulière de faire coexister la confiance et la vulnérabilité dans le même souffle.
« Nowadays » s’ouvre sur une boucle de guitare mélodique qui installe immédiatement cette atmosphère Juice WRLD dont Baby Ali revendique l’héritage sans en être la copie. La première moitié du morceau explore ce territoire de l’émotion contrôlée avec des flex bars qui n’écrasent jamais le fond mélancolique du projet. Et puis, à 1:50, quelque chose bascule. Le beat switch arrive avec cette précision dramaturgique des artistes qui comprennent que la structure d’un morceau peut être une narration en soi : les basses s’alourdissent, le groove prend une qualité dansante et sombre simultanément, et on pense à Tory Lanez dans ses heures les plus nocturnes. Les textures psychédéliques et les voix superposées font de cette transition non pas une rupture mais une révélation, comme si le morceau avait attendu ce moment pour montrer son vrai visage.
« Soft Crash » arrive ensuite comme le pendant intime de cette énergie. Tourné à travers Los Angeles de nuit, le morceau porte cette ville dans chaque couche de sa production : les lumières tamisées, les autoroutes désertes à 3h du matin, cette solitude particulière des grandes métropoles qui ressemble parfois à de la liberté et parfois à autre chose. La production R&B indie construit une atmosphère hypnotique avec des textures aériennes et des mélodies qui flottent sans jamais vraiment atterrir, et la voix de Baby Ali s’y installe avec ce contrôle vocal qui distingue les vrais de ceux qui font semblant. Sombre, sexy, cinématique : « Soft Crash » est le morceau qu’on met quand on veut que la nuit dure un peu plus longtemps.
Ensemble, ces deux titres dessinent les contours d’une discographie qui monte en cohérence et en ambition à chaque sortie. Baby Ali ne cherche pas à tout faire en même temps : il creuse, il affine, il pousse un peu plus loin à chaque fois le même territoire émotionnel jusqu’à en cartographier chaque recoin.
Double Life Entertainment. Le nom du label dit peut-être tout sur la dualité qui traverse son art.
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