L’oléfan, c’est deux sœurs qui se parlent en musique comme d’autres se parlent en secrets. Lolita et Fania Morange font de la pop expérimentale avec un cœur de conservatoire et un goût assumé pour les sorties de route : trompette, piano préparé, cymbalum, bruits glanés dans le quotidien, machines, deux voix qui s’additionnent puis se contredisent. Entre Bourgogne et Seine-Saint-Denis, elles bricolent un format chanson qui se déplie, se tord, s’improvise, et redevient vivant. Ce n’est pas “original” pour être original : c’est une manière de chercher, de jouer, de rester curieuses, en gardant la révolte et la joie au même endroit. Place à leur entretien.
1 ) Qui êtes-vous ?
Fania : Bonjour, nous sommes Lolita et Fania Morange. Nous sommes sœurs et musiciennes et nous formons le duo L’oléfan, un duo de pop expérimentale. On navigue entre la Bourgogne et la Seine-Saint-Denis principalement. Nous sommes soutenues par La Vapeur -SMAC de Dijon- et Ici l’Onde -CNCM de Dijon.
Lolita : On fait un peu tout à deux, en se répartissant plus ou moins les rôles, l’écriture des textes, la composition, les arrangements, la prod, la d.a, et sur scène on fait pas mal de choses aussi. Fania est à la voix, au clavier et aux machines, et moi je chante, je joue de la trompette, et un peu de percussions et de guitare électrique.
2 ) Quel est votre parcours ?
Nous sommes toutes deux musiciennes de formation classique – trompettiste et pianiste-, bercées d’univers éclectiques de par notre environnement familial. Nous avons également été diplômées de différents conservatoire et y avons enseigné pendant plusieurs années. Mais on a eu vite envie d’aller voir ailleurs, et on a évolué chacune en tant que musicienne dans beaucoup de projets différents, allant de la musique de scène au théâtre, à la musique mexicaine mariachi, en passant par de l’opéra et de la pop !! Ainsi nourries de diverses influences, nous avons eu envie de créer un univers personnel où nous nous amusons à sortir du cadre de la musique pop et de la chanson française.
3 ) Que pouvez-vous nous dire en quelques mots sur votre musique ?
Lolita : Je dirais que notre musique est kaléidoscopique, c’est à dire qu’elle révèle de nombreuses facettes différentes, et qu’elle s’amuse à sortir des cadres et des structures habituelles.
Fania : Cette année nous sortons un nouvel opus de quatre titres. Le travail de création sonore est mis au centre de ce mini album. Nous avons exploré différents modes de jeux : piano préparé -scotch, cordes pincées, étouffées et autres bizarreries-, trompette modifiée -sons naturels, sous l’eau, avec sourdine, pitchés,- un clavier et une batterie utilisées comme éléments additionnels ainsi qu’un cymbalum, le tout habillé de nombreux bruitages et sons chinés à droite à gauche, dans la vie courante, sur la table de jeu d’un percussionniste etc.. Et puis bien sûr, nos deux voix, qui s’additionnent, s’harmonisent, se répondent.
Notre recherche tend à repenser le format chanson et à imaginer un univers sonore singulier et joueur habillé de textes en français ciselés. Mais le mieux c’est de venir nous voir sur scène où on passe de parties très écrites à des parties musicales improvisés bien perchés.
4 ) Quelles sont vos inspirations ?
Lolita : nos inspirations sont multiples : on a été bercé par la musique classique et on a un goût pour la complexité ( rires ), des compositeurs comme Schubert, mais aussi Stravinski et plus moderne John Cage.
Fania : Chet Baker reste le grand amour de Lolita, on adore écouter aussi différentes musiques du monde, et on a écouté aussi beaucoup de rap à une époque. En chanson on aime bien Brigitte Fontaine, Bjork, Philippe Katerine ou Bonnie Banane. Mais je crois qu’on est inspiré indirectement, et qu’on se dit rarement on aimerait que ça puisse ressembler à ça.
5 ) Quelle est votre playlist actuelle ?
Fania : J’allume FIP e† je reste à l’écoute (!)
Lolita : En ce moment je redécouvre des artistes et je me dit han mais c’est génial, comme Zappa, ou Laurie Anderson. Dans la pop je suis un peu amoureuse de Theodora.
6 ) Quel est le plat que vous cuisinez le mieux ?
Lolita : moi j’aime bien préparer des petits apéros, et des trucs tout simples, bons et rapides ! Ça ne me dérange pas trop de louper un repas et de grignoter toute la journée. Fania elle quand elle cuisine, elle se lance souvent dans des grands trucs ultra longs en 12 étapes ! Après j’adore être invité à manger chez eux, son copain cuisine super bien aussi, j’ai l’impression d’être une reine un peu ahah
7 ) Quels sont vos projets à venir ?
On joue à la fin de semaine à Alençon à la compagnie Bleu 202 on sort d’une résidence trop chouette !
Nous nous produisons à La Vapeur les 12/03 et 07/05 dans le cadre du Festival « Modes de vie » et de « L’Extra Festival ». Nous serons également sur la scène des « Printemps Sauvages » le 18/04 à Ancey. On a live qui se précise dont on est super contentes et on compose en parallèle de nouveaux titres. A côté de ça on a un autre projet musical l’année prochaine en création toutes les deux hyper excitant, mais on peut pas trop en dire pour l’instant !

8 ) Pouvez-vous nous raconter une anecdote sur vous ?
Lolita : Olala en une vie de sœurs, on a des milliers, notre vie est un peu un sketch permanent en fait. Par exemple, un jour Fania s’est fait braquer sa voiture, on lui a volé son sac à main et on a réussi après plusieurs jours de recherches sous la pluie, dans la forêt à retrouver tout, ses papiers, son téléphone, le sac, grâce au signalement gps, derrière un buisson. Sauf que 6 mois plus tard tous nos titres avaient disparu des plateformes, sans qu’on puisse jamais y remédier. On a compris trop tard que notre compte était relié à la carte bancaire de où Fania avait fait opposition après s’être fait forcer sa voiture. Bref on était très tristes mais on a décidé de faire table rase du passé, et de sortir de nouveaux titres plus dans notre mouvance actuelle.
9 ) Si vous pouviez passer 48 heures avec quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré, qui serait-ce ?
Lolita : Je pense que j’adorerais passer 48h avec quelqu’un de très gracieux, moi je suis très maladroite et ça me fascinerait de regarder quelqu’un bouger et se mouvoir avec aisance et beauté. Ou alors rencontrer un grand militant, ou passer 48h avec des baleines ou une meute de loups. Oui voilà ce serait ça le mieux.
Fania : Et moi un cheval, gracieux, sauvage, mais pas trop non plus ( rires )
10 ) Un dernier conseil ?
Fania : Allez écouter notre album le 12/03, n’oubliez pas de rester révolté.e.s, de lire et de chanter dans la joie !
Lolita : Allez écouter aussi tous les artistes indé prêt de chez vous, pour découvrir autre chose que les algo. Et sinon je suis d’accord avec ma sœur, plus que jamais on a besoin de rester curieux, ouverts, vivants, prêts à discuter, à rencontrer l’autre, et à s’indigner aussi.
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