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Le groove devient un mirage instable entre Kingston et Saturne avec 12 Tribes of Mars sur « Hidden Sun »

Le groove devient un mirage instable entre Kingston et Saturne avec 12 Tribes of Mars sur « Hidden Sun »
  • Publishedmars 24, 2026

Oubliez la notion d’album. Hidden Sun fonctionne plutôt comme un déplacement — pas géographique, mais sensoriel. Un truc qui te décale légèrement au début, puis complètement après quelques minutes, sans que tu comprennes exactement quand ça a basculé.


“Push On” ne démarre pas vraiment. Ça apparaît. Une basse qui pulse comme un cœur tranquille, puis déjà des anomalies : le sax s’infiltre, glisse entre les interstices, comme s’il refusait de respecter le tempo imposé. Ça groove, oui — mais un groove qui doute de lui-même.

“Mountain Flower” joue la carte du faux confort. Mélodie accrocheuse, presque solaire, mais autour, tout tremble. Les textures électroniques viennent parasiter la surface, pendant que les cuivres respirent de manière imprévisible. Une beauté qui ne tient pas en place.

“In Hi” devient plus nerveux, presque joueur. On dirait un morceau pop qui aurait mal tourné — ou bien qui aurait décidé de s’émanciper en cours de route. Chaque instrument semble négocier son propre espace, sans jamais totalement céder.

Puis arrive “The Lake Oasis”, et là, le temps se dilate. Plus rien ne presse. Les sons s’étirent, se déposent, comme si le groupe testait jusqu’où il pouvait ralentir sans que tout s’effondre. Une sorte de méditation flottante, mais jamais passive.

Sur la seconde moitié, “Giant” impose une autre densité. Plus terrien, presque tribal dans son approche du rythme. Ça cogne différemment. Moins cérébral, plus viscéral.

“Past Times” brouille les souvenirs. Des fragments de reggae, de dub, de jazz apparaissent comme des fantômes — reconnaissables mais insaisissables. Le morceau refuse toute nostalgie stable, il préfère la déformer.

“Surrender” est peut-être le point de bascule émotionnel. Un lâcher-prise qui ne ressemble pas à une faiblesse mais à une décision. Le groupe ralentit sans disparaître, s’efface sans quitter.

Et “Heat” termine sans conclure. Une montée lente, presque imperceptible, qui te ramène au corps. Pas une fin — une persistance.

Ce qui rend Hidden Sun fascinant, ce n’est pas son éclectisme. C’est sa capacité à désorienter sans jamais perdre le fil. Les musiciens savent exactement ce qu’ils font — et c’est précisément pour ça qu’ils peuvent se permettre de tout dérégler.

12 Tribes of Mars ne proposent pas un style. Ils créent un état.

Et une fois dedans, difficile de revenir à une écoute normale.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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