L’album “Patterns” ne demande pas ton attention — il t’aspire, comme si chaque morceau avait été écrit pour quelqu’un qui n’allait jamais bien mais qui continuait quand même.
Dès “Sanctuary – Ibiza”, une illusion s’installe. Presque lumineuse, presque apaisante. Une ouverture qui évoque l’échappée, le soleil, quelque chose de flottant… avant que le vernis ne se fissure. Le refuge promis n’est jamais totalement sûr.
Puis “Impulse” frappe différemment. La voix de Chiara A surgit sans préparation, fragile et violente à la fois. Ces screams imparfaits, laissés bruts, deviennent le cœur du morceau. Pas un effet — une collision. L’innocence qui se heurte à quelque chose de beaucoup plus sombre.
“Over The Edge – Part I” agit comme un interlude mental. Court, instable, presque désorientant. Une chute sans impact immédiat, mais dont on sent déjà les conséquences.
Avec “The Return – Raw”, une autre texture apparaît. Plus organique, plus habitée. Denisse Ferrara apporte une densité émotionnelle différente, comme une réponse à ce qui s’est brisé avant.
“Patterns – The Warning” recentre tout. Le morceau donne son nom à l’album, et ça s’entend. Une tension maîtrisée, une construction qui joue avec les répétitions, les cycles. Comme si l’album lui-même se regardait fonctionner.
“Pump – Origins” injecte une énergie plus directe. Presque physique. Une montée qui semble chercher un exutoire, sans jamais vraiment le trouver.
“This Is My Story” ralentit le tempo sans apaiser. Une forme de confession, mais sans résolution. Le titre annonce une vérité — le morceau la laisse incomplète.
“Let There Be Light – Part I” apporte une ouverture, mais une lumière étrange. Pas salvatrice. Une clarté qui révèle plus qu’elle ne rassure.
“Freudian Slip” joue avec l’inconscient. Une tension psychologique, presque oppressante. Les textures deviennent plus sombres, plus diffuses. Rien n’est stable.
Puis “deSydTegration – Part I”. Le point le plus dérangeant du projet. Une descente intérieure, inspirée de l’effondrement de Syd Barrett. Le morceau ne cherche pas à être agréable — il documente une perte de repères. Une désintégration lente.
Enfin, “A Man After God’s Own Heart – Part I” ferme sans conclure. Une sensation de suspension, comme si l’histoire continuait ailleurs, hors du cadre de l’album.
Ce qui traverse Patterns, c’est cette volonté de refuser les formats. Rien n’est calibré pour plaire, rien n’est optimisé pour l’algorithme. L’album fonctionne comme une archive émotionnelle, brute, parfois inconfortable, toujours sincère.
Cries of Redemption ne construit pas un univers cohérent.
Ils exposent un état fragmenté.
Et dans ces fragments, une idée persiste, presque inquiétante : à force de chercher des connexions partout, on oublie parfois de faire face à ce qui est déjà là, en nous.
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