“All Hail The Beast” ne cherche pas à être aimé — il s’impose comme un crachat sonore, une déclaration d’existence lancée sans filtre dans un monde qui préfère les versions polies.
Dès “Witch Hazel”, le ton est donné. Un riff qui gratte plus qu’il ne brille, une tension immédiate. Ça sent le bois brûlé, les amplis fatigués, quelque chose de vivant mais cabossé. Pas de démonstration, juste une attaque.
“Cinnamon” prend à revers. Le titre pourrait tromper, mais la douceur n’est qu’un mirage. Le morceau joue avec les contrastes, injecte une ironie presque malsaine dans une structure qui semble plus accessible. Un faux répit.
“Sky King” élargit le champ. Plus long, plus lourd, presque épique sans jamais devenir grandiloquent. Une montée lente, comme une tempête qu’on voit arriver mais qu’on ne peut pas éviter.
Avec “Season of Sacrifice”, le groupe plonge dans quelque chose de plus sombre, presque rituel. Les rythmes deviennent plus pesants, les textures plus denses. Une sensation d’inévitable.
“Pirates” injecte une énergie plus brute, plus directe. Moins cérébral, plus instinctif. Ça avance sans réfléchir, porté par une envie de rupture immédiate.
“Infection” agit comme un virus sonore. Court, incisif, il s’infiltre rapidement. Pas besoin de longueur — l’impact suffit.
Puis “Real Men Wear Black”. Point de bascule. Plus étendu, plus narratif. Le morceau prend son temps, installe une atmosphère, joue avec les dynamiques. Une pièce centrale, presque théâtrale.
“Rush” revient à quelque chose de plus frontal. Une urgence, une accélération. Comme si le groupe refusait de rester trop longtemps dans la contemplation.
“Reason to Cry” ralentit, mais sans adoucir. Une émotion plus exposée, mais toujours tenue par cette rugosité constante. Pas de pathos, juste une fissure.
“March of the Golem” avance lourdement, presque mécaniquement. Une marche imposante, répétitive, qui renforce cette sensation de masse incontrôlable.
“Black Cloud Diner” introduit une ambiance plus étrange. Presque narrative, presque cinématographique. Un moment suspendu dans un décor qui semble familier mais déformé.
“Kennel Cough” revient à l’essentiel. Court, nerveux, abrasif. Une décharge rapide.
“Anodyne Necklace” apporte une nuance différente. Moins agressif en surface, mais tout aussi chargé. Une tension plus sourde, plus insidieuse.
Et puis “The Door”. Pas une vraie fin. Plutôt une ouverture. Le morceau laisse quelque chose en suspens, comme si l’album refusait de se refermer complètement.
Ce qui traverse All Hail The Beast, ce n’est pas seulement la colère. C’est une forme de lucidité brute. Une manière de regarder le monde sans filtre, sans chercher à embellir.
DEVIL ne joue pas à être dangereux.
Ils sonnent comme des gens qui ont déjà traversé suffisamment pour ne plus avoir besoin de faire semblant.
Et dans cette saturation permanente, une vérité reste accrochée, tenace : parfois, le bruit est la seule façon honnête de dire ce qu’il reste.
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