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Music Rock

Ellery Twining sur “Oy!” ou l’instant où la montagne devient un amplificateur d’émotions brutes sur un film en musique

Ellery Twining sur “Oy!” ou l’instant où la montagne devient un amplificateur d’émotions brutes sur un film en musique
  • Publishedmars 25, 2026

“Oy!” ne se regarde pas vraiment — ça se traverse, comme une ascension intérieure où chaque note redessine le paysage.


Difficile de séparer la musique de l’image ici. Le film — signé Ben Bostian — n’illustre pas la bande-son, il respire avec elle. Une expérience presque organique, où les reliefs, les silences et les textures visuelles deviennent des extensions directes des guitares d’Ellery Twining.

Tout repose sur une idée simple mais risquée : laisser faire.

La musique, construite autour du principe d’“indeterminate music”, refuse toute structure rigide. Chaque couche sonore naît de la précédente, comme une réaction en chaîne. Pas de plan figé, pas de trajectoire imposée. Juste une progression intuitive, presque instinctive, où l’improvisation devient langage.

Et ça s’entend.

Les guitares ne cherchent jamais à dominer. Elles apparaissent, disparaissent, se déforment. Par moments, elles explosent en nappes saturées, presque écrasantes. Puis tout se calme, laissant place à des respirations suspendues. Une tension permanente entre immersion et vertige.

Visuellement, le film épouse cette logique. La montagne n’est pas un décor — c’est un espace mental. Les plans s’étirent, les perspectives se brouillent, le temps semble perdre sa linéarité. On ne sait plus vraiment si on observe un lieu réel ou une projection intérieure.

Il y a quelque chose de profondément contemplatif, mais jamais passif. “Oy!” demande une attention différente. Pas celle qu’on accorde à une narration classique, mais une forme d’abandon. Accepter de ne pas comprendre immédiatement, de se laisser porter.

Ce qui frappe, c’est cette cohérence invisible entre son et image. Rien ne semble synchronisé de manière évidente — et pourtant, tout s’aligne. Comme si les deux médiums partageaient la même respiration.

Le passé musical d’Ellery Twining, notamment avec Delta of Venus, se ressent dans cette manière d’aborder la guitare comme une matière vivante. Pas un instrument figé, mais un outil d’exploration. Une extension directe de l’émotion.

“Oy!” ne propose pas une histoire.

Il propose un état.

Une traversée où le spectateur devient partie prenante, où chaque image et chaque son viennent activer quelque chose de plus profond, de moins rationnel.

Et quand tout s’arrête, il reste cette sensation étrange, presque physique : certains paysages ne se regardent pas — ils te modifient.

Pour découvrir plus de nouveautés ROCK, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVAROCK ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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