“My Type” de Dapper s’écoute comme une conversation qui dérape lentement vers quelque chose de plus trouble, plus sensuel, plus difficile à quitter que prévu.
Ce qui frappe d’abord, c’est la maîtrise. Pas seulement musicale — structurelle. Dapper ne débarque pas ici comme un artiste qui cherche sa place, mais comme quelqu’un qui sait exactement comment organiser l’espace. Ça s’entend dans la manière dont chaque voix arrive, respire, disparaît.
Le morceau fonctionne comme une circulation.
La prod pose un socle afro-R&B d’une fluidité presque insolente. Les percussions sont souples, jamais agressives, les basses enveloppent sans étouffer, et les nappes mélodiques viennent lisser l’ensemble. Rien ne dépasse, mais rien ne s’efface non plus. Un équilibre précis, presque architectural.
Puis les voix entrent dans la danse.
TML Vibez ouvre avec cette énergie légèrement nonchalante, ce mélange de street et de mélodie qui donne immédiatement une direction. Singah, lui, glisse vers quelque chose de plus émotionnel, plus étiré, presque introspectif. Jujuboy apporte une douceur supplémentaire, une texture plus ronde, presque tactile.
Et au milieu de tout ça, Dapper agit comme un chef d’orchestre invisible.
Pas forcément celui qui prend le plus de place, mais celui qui organise la narration. On sent derrière chaque transition une intention claire : créer une progression, pas juste empiler des performances.
“My Type” parle de désir, évidemment. Mais pas de manière frontale. Le morceau préfère suggérer. Installer une ambiance. Laisser les silences faire leur travail. Une approche presque cinématographique de l’attraction — quelque chose qui se construit dans les regards, dans les non-dits.
Le mélange anglais / pidgin renforce cette sensation de fluidité culturelle. Rien n’est figé, tout circule. Lagos en toile de fond, mais avec une portée beaucoup plus large. Une musique pensée pour voyager sans perdre son ancrage.
Et c’est là que Dapper devient intéressant en tant qu’artiste.
Parce que “My Type” n’est pas seulement un bon morceau. C’est une démonstration de vision. Cette capacité à réunir des voix différentes sans diluer leur identité. À créer un moment collectif qui reste cohérent.
Pas un hit forcé. Pas une tentative de viralité.
Plutôt un instant maîtrisé, calibré pour durer dans les playlists nocturnes, celles où les morceaux ne s’imposent pas — ils s’infiltrent.
Et quand le silence revient, il reste cette sensation précise : certains titres ne cherchent pas à te marquer immédiatement… ils préfèrent revenir te hanter, exactement quand tu pensais être passé à autre chose.
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