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Music Rock

Eduard Banulescu débarque sur “In Spaceships They Come”

Eduard Banulescu débarque sur “In Spaceships They Come”
  • Publishedavril 11, 2026

Une fresque indie mélancolique où les illusions humaines flottent comme des débris dans l’espace du temps.

Il y a des chansons qui regardent vers le futur. Et d’autres, plus rares, qui fixent le passé jusqu’à le faire trembler dans le présent. “In Spaceships They Come” appartient à cette seconde catégorie — une œuvre habitée, presque hantée, qui transforme l’Histoire en matière sonore fragile et persistante.

Eduard Banulescu ne choisit pas la frontalité. Il préfère le détour, la métaphore, l’étrangeté. Le titre lui-même agit comme une énigme : des vaisseaux spatiaux pour parler de conquête coloniale. Et pourtant, tout s’éclaire progressivement. Ces “spaceships”, ce sont les projections, les mythes, les incompréhensions — ces visions déformées qui ont accompagné l’arrivée des conquistadors et qui continuent, aujourd’hui encore, de structurer nos illusions collectives.

Musicalement, le morceau s’installe dans une lente dérive. Guitares légèrement voilées, presque poussiéreuses, batterie retenue, comme si chaque coup devait peser son poids moral. On pense à une forme de rock progressif modernisé, débarrassé de toute virtuosité démonstrative, mais riche en textures émotionnelles. Une musique qui avance doucement, mais qui creuse profondément.

Puis vient le refrain. Large, ouvert, presque céleste. Une montée qui ne libère pas complètement, mais qui offre un espace de respiration — comme regarder le ciel après avoir traversé quelque chose de lourd. Banulescu y déploie une voix fragile, jamais écrasante, toujours au bord de la rupture. Et c’est précisément cette fragilité qui rend le propos crédible.

Il y a chez lui une manière très singulière de mêler psychédélisme rétro et lucidité contemporaine. Les influences sont là, en filigrane — quelque part entre folk halluciné et indie rock désenchanté — mais le propos reste profondément personnel. Presque politique, sans jamais devenir didactique.

“In Spaceships They Come” n’est pas un simple morceau d’ouverture. C’est une porte. Une invitation à regarder en arrière pour comprendre ce qui nous empêche d’avancer. Et dans ce mouvement, Eduard Banulescu ne donne pas de réponse. Il laisse des traces, des images, des doutes.

Comme des lumières lointaines dans un ciel qu’on croyait vide.

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Extravafrench

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