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Sofabed sur Water That Comes and Goes : Un refuge sonore entre mélancolie et lumière

Sofabed sur Water That Comes and Goes : Un refuge sonore entre mélancolie et lumière
  • Publishedmars 2, 2025

Certains albums ne se contentent pas d’être écoutés, ils se vivent comme des refuges. Des havres de paix où le temps semble ralentir, où chaque note enveloppe l’auditeur comme une vague douce, le ramenant à un passé insaisissable tout en l’ancrant dans le présent. Water That Comes and Goes, le nouvel album de sofabed, s’impose comme un abri sonore, un espace suspendu entre la mélancolie et la lumière, où la mémoire et la musique s’entrelacent pour former un cocon chaleureux.

Duo expérimental basé à Tokyo, sofabed joue avec les textures et les styles comme un peintre qui mélange les couleurs d’une époque à l’autre. Leur son oscille entre le classicisme intemporel de Nat King Cole et Tom Jobim, la sophistication arrangée de Cornelius et la sensibilité moderne de Karriem Riggins. Avec Water That Comes and Goes, ils transposent en anglais leur précédent album Megurikuru Mizu, un disque qui avait déjà capté l’attention des playlists japonaises et des critiques jazz du pays.

L’album s’articule autour d’une idée forte : la connexion entre ce qui a été et ce qui est. Chaque morceau est une fenêtre ouverte sur un souvenir en train de s’effacer ou un instant figé dans l’éclat fugace d’une lumière de fin d’après-midi. Les arrangements se font feutrés et enveloppants. Les basses sont douces et légèrement distordues, les cordes semblent flotter comme des bribes de souvenirs, et les percussions s’estompent parfois dans des réverbérations brumeuses qui rappellent l’écho d’un rêve au réveil.

« Poet of Rain » incarne sans doute le mieux cette volonté de dialogue entre les époques. On y entend la voix du poète Yasuhiro Yotsumoto, une figure respectée de la littérature japonaise contemporaine, réciter ses propres vers sur une toile sonore délicate et aérienne. Une collaboration née d’une longue amitié entre le duo et l’auteur, donnant à l’album une profondeur nouvelle, presque cinématographique.

« Water That Comes and Goes » et « Shelter Song » évoquent un sentiment d’errance, comme si l’on voguait entre deux rives sans jamais vraiment toucher terre. « Driftwood » se déploie lentement, porté par une guitare qui semble flotter au gré des marées, tandis que « Our Imaginary Shore » fait résonner des accords nostalgiques, rappelant l’éphémère beauté des souvenirs que l’on tente de capturer.

Le jazz et la bossa nova sont les piliers de cet album, mais jamais figés dans un cadre rigide. Chaque morceau est un équilibre entre le classique et l’expérimental, entre les mélodies familières et les constructions plus modernes. On y retrouve cette approche du détail propre aux musiciens japonais, où chaque infime variation a une importance capitale, où chaque silence est aussi essentiel que la note qui le précède.

Dans une époque où tout s’accélère, où la musique elle-même est souvent pensée pour être consommée et oubliée aussi vite qu’elle est écoutée, sofabed propose une pause, une respiration. Water That Comes and Goes est un disque qui demande du temps, qui invite à l’écoute attentive, à la contemplation. Ce n’est pas une musique qui s’impose, mais une musique qui s’offre.

Conçu comme un refuge contre le tumulte du monde, cet album invite à se laisser dériver doucement, porté par des sonorités réconfortantes et intemporelles. Il ne se contente pas de traduire un album japonais en anglais, il offre une nouvelle lecture, une nouvelle couleur à une œuvre déjà saluée, et qui s’apprête à toucher un public encore plus vaste. Un disque pour ceux qui cherchent la beauté dans la subtilité, et qui savent que la musique, comme l’eau, est une matière vivante, toujours en mouvement, insaisissable et pourtant essentielle.

Pour découvrir plus de nouveautés du moment, n’hésitez pas à suivre notre Playlist EXTRAVANOW ci-dessous :

Written By
Extravafrench

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