Fendahlene sort l’artillerie lourde sur « Do You Remember Anything? »
Dans une époque qui semble avoir perdu le sens des réalités, Fendahlene déboule comme une tornade d’air frais avec « Do You Remember Anything? », morceau coup de poing aussi jubilatoire que nécessaire. Dès les premiers accords, on sent que Paul Whiteley et Ashley Hurst, expatriés australiens et désormais londoniens d’adoption, n’ont absolument pas l’intention de caresser dans le sens du poil les fans de discours creux et de promesses en carton-pâte.
Le morceau, enregistré avec la collaboration électrisante des Viennois de Portobello Express, ne perd pas de temps en politesses inutiles. Il attaque frontalement, servi par un riff brut et une basse qui pulse comme un cœur en colère. À la fois funk et new wave, la musique évolue avec une élégance rare, passant des couplets minimalistes et incisifs à des refrains expansifs qui enflamment littéralement l’espace sonore. Mention spéciale à Betty, chanteuse de Portobello Express, dont les vocalises hantées évoquent une scène échappée d’un film de David Lynch.
Mais attention, ce titre ne se contente pas de pointer du doigt les mensonges politiques. Non, ce serait trop simple. Les paroles, subtilement ambiguës, peuvent aussi bien raconter l’histoire d’un couple à la dérive que dénoncer le climat mondial délétère. Une double lecture habile qui prouve que les conflits intimes et planétaires sont parfois les reflets d’une même absurdité humaine.
La production signée Dan Cox (Laura Marling, Florence and the Machine) est à l’image du morceau : impeccable, puissante, presque cinématographique. Les guitares de Pat injectent un venin psychédélique en plein milieu du titre, avant de céder la place à des nappes synthétiques délicieusement rétro-futuristes. On jurerait parfois entendre résonner le spectre de David Bowie, l’ironie sophistiquée de Talking Heads ou encore la tension fiévreuse de Gang of Four.
Avec « Do You Remember Anything? », Fendahlene réussit un véritable tour de force : nous secouer les neurones tout en nous donnant irrésistiblement envie de bouger. C’est le genre de morceau qui vous attrape par le col dès la première écoute, et ne vous lâche plus. Le duo australien ne fait pas que poser une question rhétorique avec ce titre, il lance surtout un appel à l’éveil, entre groove irrésistible et lyrisme percutant. Le résultat ? Un morceau indispensable pour réveiller une époque qui dort un peu trop profondément.
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